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Eddington, de Ari Aster

 

EDDINGTON, de ARI ASTER – 21 aout 2025 – Pr. Marion Magnard

Ari ASTER est né en 1986 à New York, d’un père musicien et d’une mère poète.

Il a 7 ans lorsque ses parents quittent New York et s’installent au Nouveau Mexique, un des « four Corners », les 4 états du Sud-Ouest des USA. Bien qu’ayant baigné dans la musique et la poésie dès sa naissance, Ari est subjugué par les films d’horreur qu’il dévore dans toutes les vidéothèques. Et pour lui, la famille est le lieu de toutes les ignominies… son premier court métrage lorsqu’il étudie le cinéma à l’Université de Santa Fé, capitale du Nouveau Mexique, aura pour thème un père abusé par son propre fils… 

Revenu à New York, li est la star du Studio de Production indépendant A24, qui produit ses 3 premiers films : Hérédité en 2018, Midsommar en 2019 , Beau is afraid, en 2023, déjà avec Joachin Phoenix, 3 thrillers sur les deuils, les atavismes familiaux et les traumatismes héréditaires.

Alléché par ce ton nouveau, le Festival de Cannes 2025 sélectionne pour la compétition officielle EDDINGTON, son 4ème film.

EDDINGTON est un autre Thriller, tout à la fois politique et policier. C’est un nouveau-western, cynique et particulièrement violent.

La Bande-son, collaboration entre le cinéaste et les musiciens Krlic et Pemberton est anxiogène avec sa basse profonde de film noir.

Le casting mélange des étoiles montantes et des comédiens oscarisés comme Joachim Phoenix, omniprésent, Pédro Pascal et Emma Stone.

Les critiques sont diversifiées, on peut lire :

– Portrait d’un monde aussi inquiétant que réaliste

– Un film en gros sabots sur l’Amérique trumpiste actuelle

– Satire d’une Amérique divisée et au bord de l’explosion.

Mais je préfère vous faire écouter Ari ASTER lui-même :

« J’ai aimé donner à ce film le cadre d’un western, paysage qui reflète ce que l’Amérique est devenue, un farwest fracturé où les individus enfermés dans la vérité de leur smartphone sont des radicaux libres qui se percutent en vase clos…Mais je refuse de croire mes compatriotes programmés pour la Haine. »

Et maintenant c’est à vous de découvrir Eddington !

The Phoenician scheme, de Wes Anderson

Deux ans après Asteroid City, Wes Anderson propose une nouvelle plongée dans les années 1950 avec The Phoenician scheme.

Cet américain de 56 ans d’origine scandinave nait à Houston au Texas d’une mère archéologue et d’un père dans les relations publiques. Jeune homme, il choisit de suivre des études de philosophie et tourne en parallèle des courts métrages en super 8. Il apprend donc par la pratique sans suivre de véritables études de cinéma. Dans son université à Houston, il rencontre Owen Wilson et Bill Murray dans un cours d’écriture de scénario.

Le réalisateur autodidacte débute alors dans le cinéma d’auteur indépendant en 1993 par un court-métrage en noir et blanc Bottle Rocket, une comédie policière qui raconte les aventures de trois jeunes Texans désœuvrés qui commettent un braquage sans avoir l’envergure de criminels professionnels.

Le cinéma de Wes Anderson a une facture très caractéristique et a fait l’objet d’une récente exposition à la cinémathèque de Paris. Son univers esthétique et sophistiqué inspire tellement d’artistes et de photographes qu’un compte Instagram intitulé Accidentally Wes Anderson a été créé en 2017 pour réunir des clichés évoquant l’esthétique de ses films et a donné lieu en 2020 à la publication d’un livre préfacé par Wes Anderson lui-même.

On peut dire que son cinéma se situe au carrefour de la comédie dramatique, du film d’aventures et du conte surréaliste . Il se caractérise par le goût de l’artisanat avec l’utilisation de miniatures et de maquettes ainsi que d’objets sophistiqués ; le goût des tableaux vivants et des scènes colorées filmées en pellicule 35 mm avec des plans frontaux ou verticaux fixes ou balayés en travelling latéral et l’omniprésence de la musique.

L’objectif dans The Phoenician scheme est d’inventer une histoire proche des grandes figures de l’industrie européenne comme Calouste Gulbenkian, Onassis ou Niárchos, armateur grec connu pour avoir lancé le premier super pétrolier ou encore Árpád Plesch, banquier et avocat hongrois, propriétaire d’une célèbre collection de livres rares de botanique et de dessins précieux de pornographie ésotérique qui fut le mentor de la première fortune d’Italie le patron de Fiat, Gianni Agnelli.

Ainsi le personnage du prince Farouk, interprété par Riz Ahmed est inspiré de Calouste Gulbenkian homme d’affaires, mécène et grand collectionneur arménien. Cet industriel a eu un rôle central dans le partage des richesses pétrolières du Moyen-Orient entre les grandes puissances britanniques françaises et américaines et dans la structuration de l’industrie pétrolière au Moyen-Orient. En 1920 , il avait judicieusement négocié une part de 5% des champs de pétrole qui venaient d’être découverts en Irak et en retira un revenu de plusieurs millions de dollars, d’où son surnom de Monsieur 5%. Il amassa une des fortunes les plus colossales de son temps et constitua une des premières collections d’art mondiales qu’il légua à une fondation portugaise, la fondation Calouste-Gulbenkian située à Lisbonne .

Wes Anderson explique que l’intrigue se nourrit je cite « des enjeux politiques de la région, de ses multiples territoires, de ses fiefs ».

Les personnages sont nombreux et hauts en couleur comme Marseille Bob, joué par Mathieu Amalric qui s’inspire de films comme Bob le flambeur de Jean-Pierre Melville ou de Touchez pas au grisbi de Jacques Becker. Wes Anderson précise qu’ils sont aussi en partie inspirés par des figures issues du cercle de Fouad Malouf, son beau-père homme d’affaires libanais à qui il dédie le film.

L’essentiel du film a été tourné en intérieur dans les plus anciens studios de cinéma du monde fondés en 1912, et situés dans le quartier de Babelsberg à Potsdam dans la banlieue sud-ouest de Berlin. C’est dans ses mêmes studios qu’il avait filmé les maquettes miniatures pour The grand Budapest hôtel. Le bâtiment qui accueille la création de costumes et de décors a depuis cette année été rebaptisé Bâtiment Wes Anderson.

Les 3 acteurs principaux Benicio Del Toro, Mia Threapleton et Michael Cera y ont retrouvé Wes Anderson pour deux semaines de répétitions avant le début du tournage, tournage qui a duré 3 mois pendant lesquels la complicité entre techniciens, comédiens et figurants a pu s’installer au cours des dîners collectifs traditionnels organisés par Wes Anderson.

Pour l’anecdote un Renoir issu de la collection Nahmad ayant autrefois appartenu à Greta Garbo, un Magritte provenant de la collection Pietzsch, et plusieurs tableaux prêtés par la Hamburger Kunsthalle participent au décor ce qui a imposé la présence de gardiens sur le plateau.

La costumière Milena Canonero, multi oscarisée, a conçu les costumes. À partir de recherches sur la période où se déroule le film, mais aussi de photographies de peintures ou d’autres films. Elle a défini le style de chaque personnage avant de les présenter aux acteurs.

Les effets spéciaux ont été réalisés de manière artisanale comme pour la libellule qui se pose sur l’avion de Zsa-Zsa et qui en réalité est une marionnette. Le ciel et les nuages qu’on aperçoit par le hublot, sont faits en toile peinte et en boules de coton.

Enfin, la bande-originale réunit des morceaux des jazzmen légendaires, Glenn Miller et Gene Krupa, dont la batterie a inspiré la percussion qui traverse toute la bande-son.

Au-delà des références cinématographiques et historiques, Wes Anderson confie qu’il a souhaité explorer le rapprochement entre un père et sa fille. Je vous laisse maintenant découvrir The Phoenician scheme.

Doris Orlut

L’accident de piano, de Quentin Dupieux

L’ACCIDENT DE PIANO, de Quentin DUPIEUX – 31 juillet 2025 – Marion Magnard

 

Fils d’un garagiste parisien ami de Coluche, Quentin Dupieux tout gamin accompagne sur les plateaux l’ami de son père, il sera même figurant dans un de ses films, et demeurera littéralement « habité » par le cinéma. Dès l’âge de 12 ans, il s’amuse à faire toutes sortes d’expériences avec une caméra. Il apprendra ensuite les techniques du cinéma pendant son service militaire avec l’équipement haut de gamme de l’Ecole Polytechnique. Il ne fera pas d’école de cinéma et son professeur sera son ami le cinéaste Michel Gondry.

Et connaissant tout du cinéma, de la production au montage, il est à ce jour l’éclairagiste, le script, le scénariste, le cadreur, le musicien, de 19 films en 24 ans.

Vous avez selon vos goûts plus ou moins aimé chacun de ses 13 premiers films les plus connus, de l’irrésistible « au Poste » avec Denis Podalydes en 2018, au « Le 2ème acte » en ouverture du festival de CANNES 2024, en passant par « Daaaali ! » avec 5 acteurs dans le rôle-titre. Et vous allez découvrir maintenant son dernier film, avec en vedette Adèle Exarchopoulos, découverte dans « la vie d’Adèle » d’Abderatif KECHICHE en 2013.

Je me demande comment vous allez accueillir Adèle dans son 3ème film avec Quentin Dupieux, 5 ans après son rôle de gentille crétine dans « Mandibules » et 3 ans après avoir joué Céline assassinée à coups d’outils de jardinage dans « Fumer fait tousser » sans doute l’un des plus délirants des films Dupieusiens, et ce soir en Magalie, dite Mégaloche, la Youtubeuse qui ne connait pas la douleur, dans une ambiance particulièrement pesante et accentuée par la bande-son.

Jusqu’à présent Quentin DUPIEUX réservait volontiers à ses actrices des rôles de débiles mais cette fois Adèle, transformée après des heures de maquillage et diverses prothèses, est le personnage central. Les 3 acteurs, Adèle, Sandrine Kiberlain la journaliste et l’assistant faire valoir Jérôme Commandeur sont tous trois excellents, et disent avoir beaucoup aimé leurs rôles hors de leur zone de confort et d’être dirigés par ce réalisateur précis et cash !

Adèle-Magalie est-elle dans « l’accident de piano », ce film drôle et méchant, le porte-parole d’un nouveau Quentin Dupieux, éprouvant un véritable mal-être, voire de la haine, devant ce qu’est devenue notre civilisation à l’ère des réseaux sociaux ? A nous de voir…

Marion Magnard

Enzo, de Laurent Cantet et Robin Campillo

Le film que vous allez voir ce soir était au départ un projet de Laurent Cantet, le réalisateur de Ressources humaines, sorti en 2000, L’Emploi du temps, sur l’affaire JC Romand en 2001 ou encore de Entre les murs, qui a obtenu la Palme d’or en 2008. Laurent Cantet est également le fondateur d’une plate-forme de streaming très appréciée des cinéphiles = la Cinetek, 1ère plateforme consacrée au cinéma de patrimoine.

Ce projet est donc le sien, il en est le scénariste mais au moment de passer à la réalisation, apprenant qu’il était atteint d’un cancer, Laurent Cantet a fait appel à son ami Robin Campillo (réalisateur de 120 battements par minute, L’Ile rouge…) pour le seconder. Robin Campillo n’est pas seulement un ami de Cantet, il est le monteur de 6 de ses précédents films et le co-scénariste de 5 d’entre eux. Il s’agit donc non seulement d’une longue histoire d’amitié, mais d’un long compagnonnage de travail. Ils ont fait ensemble le casting des 4 personnages principaux : 2 comédiens aguerris dans les rôles des parents (Elodie Bouchez et Pierfrancesco Favino) et 2 autres acteurs non-professionnels : dans le rôle d’Enzo un jeune homme qui a fait de la natation de haut niveau, et dans le rôle du maçon ukrainien, un ouvrier maçon travaillant sur les chantiers. Cette tension entre acteurs confirmés et débutants permettant de créer déjà un rapport de classe entre les les personnages.

Par la suite, l’état de santé de Laurent Cantet va se dégrader rapidement, quelques semaines avant le tournage, il va donc confier la réalisation à son ami, en accord avec sa compagne et sa productrice.

Ce film est un récit initiatique, un portait d’adolescent en manque de repères, mais il renouvelle le thème de l’émancipation adolescente en racontant un parcours de transfuge de classe à l’envers : Enzo cherche à se libérer de la contrainte familiale « par le bas », en échappant à la trajectoire scolaire et à ses outils de contrôle comme Parcoursup, pour se confronter à la brutalité du monde du travail manuel. Il s’agit donc d’un film qui, comme souvent chez Laurent Cantet, aborde des questions sociales (on y assiste à des scènes de confrontation des classes sociales, de discussion au sujet du salaire des personnages) à travers le prisme de l’intime.

Life of Chuck, de Mike Flanagan

Le film que Toiles Emoi a choisi de vous présenter ce soir est tiré d’un recueil de nouvelles écrit par Stephen King qui s’intitule If it bleeds autrement dit Si ça saigne. Peu avant sa publication en 2020, Stephen King, écrivain américain très prolixe et très connu du monde contemporain, l’avait envoyé à plusieurs réalisateurs comme à son habitude.

Il faut reconnaître que Stephen King en maestro de la littérature horrifique, est une véritable source d’inspiration pour les cinéastes. Je peux citer Carrie au bal du diable de Brian de Palma, Shining de Stanley Kubrick ou encore Dead Zone de David Cronenberg.

Mike Flanagan lui est carrément un super fan puisque Life of Chuck est sa 4ème adaptation à l’écran sur un total de 8 films réalisés. Il y a eu Jessie en 2017, Doctor sleep en 2019 et la série La tour sombre en 2023. Cette histoire sur la fin du monde qui ne tend ni vers le désespoir ni vers le cynisme l’a séduit aux larmes. En plus d’être le scénariste, le réalisateur et le monteur Mike Flanagan a aussi produit Life of Chuck avec Trévor Macy.

C’est un réalisateur qui aime s’entourer d’une même troupe d’acteurs et de techniciens. Son épouse Kate Siegel joue d’ailleurs dans Life of Chuck, elle interprète Miss Richards.

Pour raconter Charles Krantz dit Chuck à tous les âges de la vie, Mike Flanagan a fait appel à 4 acteurs dont leur fils Cody qui joue Chuck à 7 ans. Le Chuck de 11 ans est Benjamin Pajak. Jacob Tremblay, son acteur fétiche qui s’est révélé en 2015 par son interprétation dans Room aux côtés de Brie Larson, joue Chuck à 17 ans. Enfin, le Chuck adulte est interprété par Tom Hiddleston, connu notamment pour le rôle de Loki dans l’univers Marvel.

A la narration on retrouve en voix off Nick Offerman, qui incarne Bill dans The last of us.

La vie de Chuck est racontée à rebours en 3 chapitres d’une quarantaine de minutes avec pour chaque chapitre un format d’image différent : 1.85 pour l’enfance, 2.0 pour l’âge adulte, 2.39 pour la fin.

Les frères Andy et Taylor Newton qui forment le groupe The Newton Brothers collaborent pour la 11èmefois avec Mike Flanagan. Ils créent une ambiance immersive avec des musiques inspirées aussi bien de la musique classique que de la musique électronique ou du rock moderne.  Ils s’inspirent également de Maurice Jarre, le père de Jean-Michel Jarre, et de son travail sur les synthétiseurs.

Le tournage de The Life of Chuck a débuté en 2023 en extérieur en Alabama mais il était toujours en recherche de distributeur et n’avait donc pas de date de sortie. Heureusement, il a reçu le prix du public au Festival international du film de Toronto en septembre 2024 ce qui lui a permis de signer un accord de distribution avec NEON.

Sur cette anecdote, je vous souhaite un bon moment de cinéma !

Doris Orlut

Le joueur de Go (Gobangiri) de Kazuya Shiraishi

Kazuya Shiraishi est un réalisateur japonais de 50 ans. Il collabore avec : Kōji Wakamatsu, Isao Yukisada et Isshin Inudō.

Son premier long métrage date de 2009. Il se pose en digne héritier d’Akira Kurosawa. Le joueur de Go est son premier film distribué en France.

Ce soir un peu de culture japonaise.

Le film de ce soir est dans le style japonais jidai-geki que l’on pourrait traduire drame d’époque.

Ce style de cinéma jidai-geki inclut le style chanbara , qui est un film de samouraï, qui pourrait être traduit par film de cape et d’épée européen.

Pitch

Ancien samouraï, Yanagida mène une vie modeste avec sa fille à Edo (ancien nom de Tokyo) et dédie ses journées au jeu de go avec une dignité qui force le respect. Quand son honneur est bafoué par des accusations calomnieuses, il décide d’utiliser ses talents de stratège pour mener combat et obtenir réparation…

Le réalisateur, Kazuya Shiraishi, revisite les univers mis en scène par des maitres du cinéma japonais avec les films :

  • Pauvres Humains et Ballons de papier de Sadao Yamanaka,

  • Hara-kiri de Masaki Kobayashi,

  • Rashōmon d’Akira Kurososawa

L’époque d’Edo (1603-1867) également appelée période Tokugawa du nom du dernier des 3 grands pacificateurs qui ont mis fin à ce qui est nommé par « l’époque des provinces en guerre ». Le Japon passera d’un ordre social féodal décentralisé à un État unitaire centralisé.

À cette époque, notre héros est un rōnin, un ancien samouraï exclu de la société japonaise féodale ; il y avait plusieurs raisons pour devenir rōnin : la mort de leur seigneur, leurs propres fautes ou leur défaite au combat. Ils devenaient donc en quelque sorte des « parias », n’ayant pas de classe propre dans une société extrêmement hiérarchisée et basée sur les relations de loyauté envers un seigneur. La plupart d’entre eux se tournaient alors vers des métiers plus humbles.

Le jeu de Go est né en Chine il y a 2500 ans, il n’arrive au Japon qu’au cours des années 700. Le but du jeu est la constitution de territoires en utilisant :

  • un plateau, appelé goban, sur lequel est tracé un quadrillage

  • des pions blancs et noirs, nommés pierres,

que l’on pose sur les intersections de ce quadrillage à tour de rôle.

Le Go est réputé pour sa profondeur stratégique et tactique. Les joueurs doivent équilibrer l’attaque et la défense tout en essayant de maximiser leur territoire.

Le Go a également une riche tradition culturelle et est souvent associé à la philosophie et à l’art. Le film utilisera ces propriétés : stratégie, stratégie, philosophie et art.

Je vous invite à profiter de l’esthétique, des décors et à adhérer au rythme.

Est-ce un film de type conte social, un film d’arts martiaux, une balade contemplative ?

À vous de juger.

J’espère ne pas vous avoir submergé par cette vague de culture japonaise, je devrais dire un tsunami !

Les mots du soir : méditation et intelligence

Le 25 novembre 2021, venez découvrir la réalisation de l’atelier vidéo

Dans le cadre de la fête de la science, l’association Toiles Émoi en partenariat avec la MJC, a permis à des adolescents et adultes de découvrir la prise de vues et le montage vidéo sur le thème de l’eau. L’atelier s’est déroulé le 9 octobre 2021, il a réuni 8 stagiaires.

La projection du film (court métrage) réalisé ce jour là, aura lieu le jeudi 25 novembre 2021 à 20h15.

Prise de vue acrobatique supervisée.

 

La nuée de Just Philipot

 

1er long métrage de ce réalisateur français de 39 ans.

Dans un de ses précédents courts métrage, Acide, récompensé par de nombreux prix, il avait abordé le thème d’une famille aux prises avec le dérèglement climatique. Famille et catastrophe sont des ingrédients qui se mélangent bien. On se souvient récemment de Grave de Julia Ducourneau.

Le pitch du film

Difficile pour Virginie de concilier sa vie d’agricultrice avec celle de mère célibataire. Pour sauver sa ferme de la faillite, elle se lance à corps perdu dans le business des sauterelles comestibles. Mais peu à peu, ses enfants ne la reconnaissent plus : Virginie semble développer un étrange lien obsessionnel avec ses sauterelles…

Selon Allociné, le type de film classé en drame, épouvante-horreur mais selon les scénaristes c’est un drame familial horrifique ou thriller agricole, thriller rural

Les scénaristes Jérôme Genevray et Franck Victor sont les artisans de l’histoire.

La Nuée est né d’un appel à projets du CNC pour les films de genre. Pour le scénariste Jérôme Genevray, le point de départ a été de raconter une histoire en tant que parent, « à savoir comment arrive-t-on à arbitrer entre notre besoin de travailler pour nous accomplir et l’amour nécessaire et le temps que l’on doit à nos enfants ». La question des sauterelles s’est ajoutée grâce à son partenaire d’écriture Franck Victor, qui est vegan. Ensemble, ils se sont interrogés sur l’alimentation de demain mais aussi sur l’obsession du travail et de la réussite dans notre société.

On pourrait ajouter une seconde question « qu’est-ce qui explique un tel déséquilibre ? » et tenter une réponse « produire moins cher »

Les insectes

  • Avant tout les sauterelles du film ne sont pas de sauterelles mais des criquets migrateurs.
  • 2 milliards de personnes consomment déjà des insectes lors des repas traditionnels aujourd’hui. L’agriculture doit en effet résoudre une équation complexe :
    • produire davantage pour répondre aux besoins de la croissance démographique,
    • produire de manière écoresponsable,
    • lutter contre l’insé­curité alimentaire
    • faire face à l’augmentation du prix des protéines animales.

Les insectes peuvent être une solution.

  • Une sauterelle prise unitairement est plutôt bien acceptée cependant quand elles sont nombreuses, le nombre va créer l’angoisse.
  • Chose rare dans les films français, un personnage numérique existe à part entière, ici il est même protéiforme, c’est la nuée, les effets spéciaux ont nécessité de relever des défis techniques énormes.
  • Pourquoi avoir choisi des sauterelles : « Les sauterelles sont une allégorie, celle de l’addiction au travail ».

On ne peut s’empêcher à des films de référence :

  • Les oiseaux d’Alfred Hitchcock,
  • Les dents de la mer de Steven Spielberg,
  • La mouche de David Cronenberg
  • Take Shelter de Jeff Nichols

Mais également inspiré d’un documentaire sur une agricultrice jusqu’au-boutiste, seule contre tous :

  • Anaïs s’en va-t-en-guerre documentaire de Marion Gervais

Les acteurs

  • Virginie : Suliane Brahim pensionnaire de la comédie française que l’on a vue dans Hors Normes d’Olivier Nakache et Éric Toledano. Elle joue l’inspecteur de l’IGAS. Le choix du réalisateur était de donner le rôle à quelqu’un de peu connu.
  • Karim : Sofian Khammes

Les effets spéciaux : cocorico, on savait que les français étaient reconnus dans ce secteur du cinéma. Les effets spéciaux sont signés Antoine Moulineau qui a longuement travaillé aux États-Unis pour des blockbusters hollywoodiens comme Avatar, The Dark Knight ou encore John Carter, il est le directeur de Digital District.

Le mot du soir qui détendra l’atmosphère : Jiminy

The master

THE MASTER

Paul Thomas ANDERSON

Joaquin PHOENIX

Philip Seymour HOFFMAN

Paul Thomas ANDERSON.

Sa filmographie :

PTA, âgé de 42 ans à la sortie du film, a déjà reçu des récompenses prestigieuses pour ses précédents films :

2000 – Magnolia / Ours d’Or à Berlin, avec déjà PSH

2002 – Punch Drunk Love / prix de la mise en scène à Cannes

2007 – There will be blood avec Daniel Day Lewis – fresque sur un magnat du pétrole au début du 19è siècle – 8 nominations aux Oscars –

Le film

2009 : début du travail sur The Master, sorti en 2012. Projet long à concrétiser en raison de difficultés de financement, d’abandon d’acteurs (Jeremy Renner) et d’ attaques de l’église de Scientologie qui voit des similitudes entre le personnage interprété par PSH et le fondateur de l’église, Ron Hubbard, auteur du livre « la dianétique : la science moderne de la santé mentale » paru en mai 1950.

Présenté en avant première au festival de Venise, le film a remporté le Lion d’argent du meilleur réalisateur, et le prix Volpi a été décerné aux deux interprètes principaux, JPh et PSH.

Paul Thomas ANDERSON dit avoir été inspiré par les romans de John Steinbeck et par les récits de Jason Robards, soldat pendant la Guerre du Pacifique pour la réalisation de ce film.

Raconte le retour à la vie civile d’un ancien combattant de la 2nde GM, Freddie, incarné par J Ph, revenu à moitié fou, obsédé sexuel et gravement alcoolique.

Ce vétéran fait la connaissance d’un étrange individu, Lancaster Dodd, interprété par PhSH, un homme apparemment richissime, qui va le prendre sous son aile.

Progressivement, on découvre que Dodd écrit des livres, et qu’il a fondé un mouvement appelé « La Cause », qui s’apparente à ce que nous appelons en France une secte.

Le film met en scène les relations dominant/dominé entre Dodd et Freddie.

 

On assiste à deux grands numéros d’acteurs, tel que celui de Daniel Day Lewis dans « there will be blood ».

 

Le film évoque des questions psychologiques telles que l’ambiguité, l’inversion possible entre les rôles de dominant/dominé (notamment entre Ph Seymour Hoffamn et son épouse).

 

Le film, tourné en 70 mm (format de Lawrence d’Arabie – Cecil B de Mille) impressionne par sa dimension, la qualité des reconstitutions, les numéros d ‘acteurs.

Par sa perfection, il a suscité des comparaisons avec certains films de Stanley Kubrick ;

D’un autre côté, cette perfection lui confère également un caractère un peu académique, dépourvu de véritable émotion.

A vous de juger.

Bonne projection !