
Depuis plus de trente ans, Pierre Salvadori s’est imposé dans le paysage cinématographique français grâce à des œuvres mêlant humour et émotion. Sa carrière compte aujourd’hui onze longs-métrages qui s’inscrivent dans le cinéma d’auteur populaire.
Parmi ses films les plus connus on retrouve Cible émouvante, Après vous, Hors de prix, Dans la cour ou encore En liberté ! , récompensé en 2018 à Cannes par le Prix de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques.
Avec La Vénus électrique, Pierre Salvadori nous offre une comédie romantique et burlesque où les personnages sont tiraillés entre sacrifice et intérêt personnel, entre manipulations et abandon.
L’histoire du film s’inspire du rôle qu’il a tenu en 2016 dans Planetarium le film de Rebecca Zlotowski, où il jouait Jean Servier, un cinéaste qui, à la fin des années trente, se lançait dans le tournage d’un drame sentimental teinté d’occultisme dont voici l’intrigue : « Une fausse voyante fait croire à un jeune peintre qu’elle peut le mettre en contact avec son épouse défunte. Ce faisant, elle tombe amoureuse de lui et devient la porte-parole de sa propre rivale. »
On se souvient qu’à la fin des années 30, même si le besoin de croire en quelque chose est inhérent à notre humanité, les religions perdent de l’influence et nombreux sont ceux qui se tournent vers l’occultisme.
Pierre Salvadori commence à écrire le scénario de La Vénus électrique avec Benjamin Charbit dès 2018 mais celui-ci est pris par d’autres projets. Pierre Salvadori poursuit donc l’écriture avec Benoît Graffin, avec lequel il a déjà écrit plusieurs films.
Il fait ensuite seul l’adaptation et les dialogues, qui préfigurent le travail de réalisation avec notamment le choix des séquences de tournage et la mise en scène du journal intime de la défunte.
Les images, les costumes, les couleurs, les accessoires, les affiches, fruits du travail de Virginie Montel, créatrice de costume et directrice artistique et de Julien Poupard, directeur photo créent un décor de fête foraine, à la fois univers d’illusion et univers de mensonge.
La Vénus électrique a été tourné dans le parc de la Chartreuse à Liège, pour les décors de la foire et dans les studios TSF en Seine et Marne pour la reconstitution des décors parisiens. Les roulottes utilisées pour la foire proviennent par ailleurs, du Musée des Roulottes de Saint-Quentin la Poterie, dans le Gard et certaines attractions ont été empruntées au tiers-lieu du Grand Huit à Rennes.
Angelo Zamparutti, le chef décorateur, passionné par cette époque, a trouvé un des derniers peintres de cirque – Gérald Aussiette – qui a peint les roulottes, les devantures des attractions et les motifs de la foire.
Le titre fusionne énergie et amour. « Venus electrificata » est le nom exact de l’attraction d’une fête foraine, dans le Paris des années 30.
Si Pierre Salvadori connait bien Pio Marmaï, avec lequel il a l’habitude de travailler, c’est sa première collaboration avec Anaïs Demoustier, Vimala Pons et Gilles Lellouche.
Pour terminer, je citerai Titus, le forain qui annonce au début du film « Ici ni magie, ni illusion, point de monstre, ni de colosse ! Ici, juste de l’émotion, juste des sensations. » Puissent ces paroles chers spectateurs être prémonitoires !
Doris Orlut









