Rue Malaga, de Maryam Touzani


Rue Malaga, de Maryam Touzani

Maryam Touzani est née en 1980 à Tanger où elle a passé sa jeunesse et le film de ce soir peut être considéré comme un hommage à cette ville du Nord du Maroc, c’est la première fois qu’elle situe dans cette ville l’action d’un de ses films. Après des études à Londres, elle devient journaliste spécialisée dans le cinéma, puis se lance dans l’écriture de scénarios avant de passer en 2011 à la réalisation de courts métrages et de documentaires : en 2014 elle tourne le documentaire Sous ma vieille peau, consacré à la prostitution au Maroc. Elle participe également au scénario du film de fiction Much loved, de Nabil Ayouch, son époux, sur le même sujet. En 2017 elle co-écrit et joue dans un autre film de Nabil Ayouch avant de réaliser en 2019 son 1er long métrage, Adam, qui remporte de nombreux prix est sélectionné à Cannes et concourt même pour les Oscars, comme le film de ce soir. Adam aborde le sujet des filles-mères dans la société marocaine. Un autre sujet tabopu au Maroc est au centre de son 2ème long métrage, Le bleu du caftan très beau film sur un homme marié homosexuel.
En 2023, MTouzani a fait partie du jury qui a remis la Palme d’or à Justine Triet à Cannes.

J’ai dit tout à l’heure que le film était un hommage à Tanger, c’est aussi un hommage à la grand-mère andalouse de la réalisatrice, à laquelle ce film est dédié. En effet, depuis les années 30, une importante communauté espagnole est implantée dans cette ville cosmopolite. Ce personnage de grand-mère audacieuse espiègle et pleine de vitalité et est interprétée par la délicieuse Carmen maura, actrice fétiche d’Almodovar, qui a fêté ses 80 ans l’an dernier.
Et voici enfin un film qui ne se contente pas d’aborder un sujet tabou, celui des amours tardives mais qui, par sa réalisation, magnifie ce sujet en montrant la sensualité des corps âgés et la joie du désir retrouvé.