Cadet d’une fratrie de trois enfants, James Jarmush goûte très tôt au 7ème art car sa mère, critique de cinéma dans un journal local de l’Ohio, le dépose au cinéma de quartier, lorsqu’elle fait les courses.
à 17 ans, il étudie la littérature à Columbia puis part pour Paris, où il découvre un cinéma différent. De retour à New York, il s’inscrit en section cinéma à l’université de New York. Il s’y fait remarquer pour son talent, mais aussi, parce qu’il utilise sa bourse universitaire pour financer son film de fin d’études, Permanent vacation. Le film raconte l’errance d’un jeune homme dans Manhattan en été. On y trouve les fondements du style Jarmush : l’éloge de la musique et de la littérature, l’intérêt pour les anti-héros aux styles décalés et le regard sur le vide existentiel. Bien que le film soit un succès, il y a un petit souci, car le règlement de l’université n’autorise pas le dévoiement d’argent et il ne décrochera pas son diplôme. Par chance, Wim Wenders a repéré le talentueux jeune homme et l’engage comme assistant.
Jim Jarmusch est l’archétype du cinéaste indépendant américain. La Cinémathèque qualifie son œuvre de minimaliste, d’avant-gardiste et de désenchantée. Adepte d’un cinéma éclectique, il aime explorer des genres cinématographiques différents. Il est scénariste de tous ses films et participe à leur composition musicale.
Le long métrage de ce soir déroule une suite d’études de personnages qui font famille. Il est construit comme un tableau qui se déroule en trois parties distinctes dans trois lieux différents : les montagnes du Catskill dans l’État de New-York, les faubourgs chics de Dublin et les rues de l’Est parisien. La narration est agrémentée d’éléments qui reviennent d’une histoire à l’autre. Ce peut être les trajets en voiture, des objets ou des expressions verbales.
Jarmush a choisi de travailler avec 2 équipes de techniciens, une équipe américaine avec le chef opérateur Frederick Elmes pour la partie tournée aux États-Unis, et une équipe française, pour les parties européennes autour du chef opérateur, Yorick Le Saux et de l’ingénieur du son, Nicolas Cantin.
C’est Affonso Gonçalves, son collaborateur régulier, qui a réalisé le montage de l’ensemble.
Pour la musique, Jim Jarmusch a composé avec Anika, la chanteuse anglo-allemande post-punk. Ils ont pas mal improvisé et ont adapté des tubes des années 60-70 comme These Days de Jackson Browne et Spooky de Dusty Springfield.
Habitué à écrire les scénarios pour des acteurs spécifiques, il les avait presque tous en tête sauf la mère.
Ainsi, on retrouve l’acteur et musicien, Tom Waits, l’actrice australo-américaine, Cate Blanchett ou l’américain Adam Driver, acteurs avec lesquels il a déjà tourné.
À l’affiche également, l’actrice germano-luxembourgeoise Vicky Krieps, qui donnait la réplique à Daniel Day-Lewis dans Phantom Thread, de Paul Thomas Anderson, une chronique épique entre un génie de la mode et son modèle. Le casting est complété par Mayim Bialik, révélée dans la série The Big Bang Theory ; Sarah Greene, l’actrice et chanteuse irlandaise ; Indya Moore, artiste non binaire et Luka Sabbat, l’acteur et mannequin franco-américain.
Pour le rôle de la mère il pensera finalement à Charlotte Rampling. Vous la verrez dans la scène du thé qu’elle qualifie de rituel du silence à l’anglaise, où sous une apparente convivialité on évite tout sujet de fond. Un dernier nom complète ce casting prestigieux, à vous de le deviner.
Un indice : les initiales F L

