
Au cours de ses 35 ans de carrière, Wolfgang Becker a réalisé peu de films. Le plus connu est sans doute Goodbye, Lenin ! sorti en 2002, où un fils cache à sa mère est-allemande la chute du mur de Berlin.
Sans doute ne serions-nous pas là ce soir, si Wolfgang Becker se sachant atteint d’un cancer incurable, avait choisi de visiter les plus beaux endroits du monde, plutôt que de réaliser un ultime film.
Le héros de Berlin est une comédie caustique adaptée du roman éponyme de Maxim Leo, sorti en 2022.
Vingt ans après Good Bye, Lenin!, le réalisateur Wolfgang Becker revient sur l’histoire de la réunification allemande avec le récit médiatique d’un faux héros de la RDA monté de toutes pièces.
Le film structure son récit entre archives de la RDA et commémorations du trentenaire de la chute du mur de Berlin. Chaque mensonge entraîne une escalade où la surenchère médiatique, transforme une anecdote en fable nationale.
La caméra nous livre une vision ironique du monde où contraste la grisaille d’un vidéoclub de quartier et le clinquant aseptisé des plateaux télévisés modernes.
Dans ce décor, l’acteur principal, Charly Hübner, incarne le citoyen ordinaire au physique lourd et terne qui fait obstacle au glamour médiatique qu’on veut lui imposer.
A ses côtés, on retrouve des acteurs allemands reconnus comme Christiane Paul et Daniel Brühl, qui fait quelques apparitions clin d’œil.
Composée par Lorenz Dangel, la musique oscille entre nostalgie mélancolique et thèmes rythmés, qui traduisent l’asphyxie progressive du personnage principal.
Assuré par Jörg Hauschild, le montage illustre le vertige de la célébrité soudaine en accélérant le rythme au fil de la narration par des transitions brutales entre les scènes intimes et le tumulte médiatique.
Wolfgang Becker a pu achever le tournage de son dernier film avant son décès en décembre 2024 et effectuer le premier montage mais il ne l’a pas vu terminé. C’est Achim von Berries, également producteur du film, qui en a terminé la réalisation.
Doris Orlut
