Ce soir Toiles Emoi a choisi de retrouver l’univers déroutant et inconfortable de Yórgos Lánthimos.
Bugonia est le remake horrifique de Save the green planet, une comédie de science-fiction coréenne sortie en 2003.
Ari Aster, le producteur, a imaginé que cette comédie pouvait être transposée au monde actuel, où à l’aune des nouvelles technologies, chacun vit dans sa bulle et conforte ses certitudes et préjugés.
Pendant la Covid, Will Tracy va en adapter le scénario.
Le tournage se déroule de juillet à septembre 2024 dans plusieurs sites de la campagne anglaise ainsi que sur les routes d’Atlanta aux États-Unis. Yórgos Lánthimos voulait tourner la scène finale à l’acropole d’Athènes, mais faute d’autorisations, il a choisi la plage de Sarakiniko située au nord de l’île de Milos. Cette plage au paysage lunaire est l’un des endroits les plus photographiés de la mer Égée.
Le film est construit comme une sorte de microcosme, un huis clos, où les personnages sont la plupart du temps dans un sous-sol, exprimant des points de vue qui peuvent être erronés ou biaisés et où chacun s’enferme dans une spirale et finit par se convaincre de ses propres obsessions.
Le sous-sol précise Yorgos Lanthimos « constitue un environnement clos qui fonctionne presque comme une expérience scientifique dévoyée, plongeant des cobayes dans un bassin où se mêlent toutes les angoisses, peurs et absurdités de la modernité »
Yorgos Lanthimos a tourné en Vista Vision, procédé de prise de vues cinématographique sur pellicule 35 mm à l’aide d’une caméra Wilcam 11, massive et bruyante. Le résultat donne des images très statiques mais le format, presque deux fois plus large que le 35 mm standard, met en valeur les personnages.
Les décors de James Price entièrement inventés renvoient vers un univers crasseux et lugubre. Et bien que le film se passe à l’époque actuelle, il donne le sentiment d’être figé dans l’espace-temps dans une sorte de ranch américain des années 90.
Yorgos Lanthimos, qui aime l’alchimie singulière qui se crée entre les acteurs expérimentés et les non professionnels a confié le rôle de Don à Aidan Delbis, un débutant.
Ne cherchez pas la chevelure d’Emma Stones, elle s’est rasée la tête pendant le tournage, tout comme le cinéaste, par solidarité avec elle.
Sans doute retrouverez vous des analogies avec le graphisme du film de Wes Anderson, The Phoenician Scheme ou thématique avec Sirat d’Óliver Laxe. À vous de juger ! Bonne séance

