The Assassin – film taiwanais de Hou Hsiao-hsien

Prix de la mise en scène lors du festival de Cannes 2015, ce film marque le grand retour du maître du cinéma taïwanais après huit ans d’absence.

Figure emblématique de la Nouvelle Vague taïwanaise dès les années 1980, quelques-unes de ses œuvre sont considérées comme des chefs d’œuvre de l’histoire du cinéma contemporain : Les Garçons de Fengkuei, Millenium Mambo, Les Fleurs de Shanghai, Un Temps pour vivre, un temps pour mourir, par exemple.

Ce grand cinéaste est né à Canton en 1947, en pleine guerre civile.

Un an après, sa famille part s’installer à Taïwan. Il vit dans une grande ville du sud de l’Ile, et c’est son départ pour le service militaire, à 22 ans, qui crée une première rupture dans sa vie et lui fait découvrir le cinéma, où il passe toutes ses journées de permission.

A son retour, il entreprend des études de cinéma à Taïpei, devient assistant réalisateur, puis tourne au début des années 1980 ses premiers longs métrages qui rencontrent immédiatement le succès populaire.

La seconde rupture vient alors de sa rencontre avec la romancière Chu Tienwen, personnalité majeure de la littérature taïwanaise, qui devient sa scénariste attitrée.

Grâce à elle, il rencontre d’autres cinéastes taïwanais, avec lesquels il formera bientôt ce qu’on appellera la « Nouvelle Vague taïwanaise » à partir de 1983.

La collaboration avec Chu Tienwen donne d’abord naissance à un cycle autobiographique, quatre films puisés dans les souvenirs de jeunesse du cinéaste. Le premier d’entre eux, Les Garçons de Fengkuei (1983), raconte la vie de quatre adolescents, bande de petits voyous, dans la petite ville côtière de Kiashiong avant leur déménagement en ville. Suivront Un été chez grand-père (1984) puis Un Temps pour vivre, un temps pour mourir (1985), qui évoque l’exil et les décès successifs de ses parents, et enfin Poussières dans le vent (1986), sur l’apprentissage et l’amour de deux jeunes gens séparés par le service militaire.

Puis le cinéaste aborde dans plusieurs films le sujet de l’histoire sino-taïwanaise – l’occupation japonaise (Le Maître de marionnettes, 1993), la reprise en main par le Kuomintang (La Cité des douleurs, 1989), la guerre civile (Good Men, Good Women, 1995) et le XIXe siècle des Fleurs de Shanghai (1998).

Enfin, au tournant du millénaire, Goodbye South, Goodbye (1998), puis Millenium Mambo(2001), et Three Times (2005) traitent à nouveau de la période contemporaine.

L’action de The Assassin se situe dans la Chine du IXème siècle, celle de la dynastie Tang : il s’agit d’un des âges d’or de l’empire chinois, mais qui commence à vaciller sous les attaques de puissants gouverneurs des provinces.

Le film emprunte la forme d’un wu xia pian, littéralement un « film de héros martial » ou film de sabre chinois, genre populaire qui a été également traité par des auteurs tels que  Zhang Yimou (le Secret des poignards volants), Ang Lee (Tigres et Dragons), ou Wong Kar Wai (les Cendres du temps) mais aussi les Kill bill de Quentin Tarantino.

Cependant, dans The Assassin,  les scènes de combats, même très spectaculaires, sont très courtes, l’accent est mis davantage sur la tragédie et l’intrigue, et Hou Hsiao-hsien imprime un style très personnel au genre du film de sabre.

L’héroïne du film est interprétée par une actrice taïwanaise de 39 ans, Shu Qi, avec laquelle Hou Hsiao Hsien a déjà tourné Millenium mambo (présenté à Cannes en 2001) et Three times (2005)

Pour ce film les critiques ont particulièrement rendu hommage au travail effectué par le chef-opérateur attitré de HHH, Mark Lee Ping-Bing sur la lumière.

 

Je vous laisse le découvrir.

Bonne projection !