Béliers, film islandais de Grimur Hakonarson – séance du 4 février 2016 20h30

(Renseignements essentiellement tirés d’une interview parue dans le journal islandais « The Reikjavik Grapewine » le 07 juin 2015)

Grimur Hakonarson, s’est fait connaître en France cette année à Cannes ;  c’est un réalisateur qui mène une oeuvre cohérente, entre documentaire et fiction.

– né en 1977, il a tourné ses premiers films avec une camera VHS à l’adolescence, et remporté dès cette époque des prix au Danemark pour un court métrage réalisé avec un ami : toilet culture  (succession de saynètes vues depuis le fond de la cuvette : visible sur vimeo)

– il a toujours fait du cinéma, mais a appris à l’école de cinéma tchèque (FAMU) à Prague où il réalise  Slavek the shit  (une histoire d’amour dans les toilettes publiques de Prague) qui lui vaut d’aller à Cannes pour la 1ère fois.

– son court-métrage suivant , Wrestling , est une histoire d’amour entre deux hommes qui pratiquent la lutte traditionnelle irlandaise.

Tous ces courts font de lui un réalisateur très prometteur, mais son 1er long, Summerland, qui sort en 2010, est considéré comme décevant. C’est une comédie qui raconte l’histoire d’Une famille ordinaire qui gère une entreprise basée sur le tourisme elfique et les sessions spirituelles.

En 2012 avec A pure heart, il revient au documentaire, sur un prêtre islandais qui affronte les autorités, tourné sans moyen avec une équipe très réduite, ce film confirme son talent

Juste avant Béliers, il a tourné un documentaire sur une révolte de fermiers (islandais)

Il travaille actuellement sur un documentaire intitulé  Little moscow , film sur le socialisme à Nestkauptstadur.

Sujet : situé à Bardardalur (vallée isolée une cinquantaine de km au sud est d’Akureyri)

Une histoire de famille : rivalité entre deux frères qui vivent à deux pas l’un de l’autre mais ne se parlent plus depuis 40 ans.

Une histoire d’animaux : Les moutons, animal presque sacré en Islande, plus nombreux que les habitants. Et une épidémie (la tremblante du mouton) qui n’est pas sans rappeler celle qui touche actuellement les canards français : une épidémie qui oblige à supprimer des troupeaux.

Sources : Grímur Hákonarson, qui a passé ses vacances d’enfant en milieu rural islandais, s’est inspiré de son propre vécu et des gens qu’il a connus pour mettre en scène ce film

Le père du réalisateur a également été une grande source d’inspiration pour Béliers – notamment sur le fonctionnement de l’administration dans le domaine de l’agriculture et sur l’évolution du monde agricole au fil du temps – puisqu’il a travaillé pendant un temps pour le Ministère de l’Agriculture.

Acteurs : les deux acteurs principaux (appelons-les Siggi et Teddi, c’est le surnom que leur donnait le réalisateur sur le tournage) ont dû adapter leur jeu à ce film : ils jouent le rôle de personnages taiseux et ont dû travailler surtout sur les expressions du visage. Acteurs utilisés à contre-emploi dans ces rôles de taiseux (l’un d’eux est une vedette de shows comiques en Islande) :

Récompenses : Film récompensé dans deux festivals en France:

– Festival international des jeunes réalisateurs de St Jean de Luz : Chistera du meilleur réalisateur pour Béliers et Les Cowboys de Bidegain. (A peine j’ouvre les yeux également récompensé lors de ce festival)

– 7 nominations et le prix dans la catégorie « un certain regard » à Cannes.

(Film sorti en Islande après sa nomination au festival de Cannes)

Le réalisateur, à son retour en Islande après le festival, s’enorgueillissait notamment du fait qu’Isabella Rossellini avait apprécié son film, et s’étonnait d’avoir appris qu’elle avait elle-même tourné une série de films sur la vie sexuelle des animaux.

Danièle Mauffrey