Notre dame, de Valérie Donzelli

Notre dame, de Valérie Donzelli. 

Quel est le point commun entre les 4 films programmés par TEM depuis début janvier ? Eh bien leurs réalisateurs sont des réalisatrices ! Après Lucie Borleteau pour Chanson douce, Alice Winocour pour Proxima et Sara Suco pour Les Eblouis, nous terminons (provisoirement) ce cycle avec Valérie Donzelli. Et l’on peut se réjouir d’autant plus que cette sélection féminine ce n’est pas du tout un choix imposé mais un hasard de programmation, comme si les femmes commençaient à trouver une place dans le cinéma de façon presque « normale », en France au moins. Vous remarquerez d’ailleurs le titre du film de ce soir : Notre dame (sans tiret ni majuscule)

Notre dame est le 5ème long métrage de Valérie Donzelli. Après une incursion dans le cinéma historique avec Marguerite et Julien, basé sur un scénario qui avait été écrit pour François Truffaut, elle revient au matériau qui est le cœur de son cinéma, à savoir sa propre vie, comme dans La Reine des pommes ou La guerre est déclarée. En effet, le personnage principal du film Maud Crayon, a un certain nombre de poins communs avec la réalisatrice qui est aussi son interprète. Comme elle, elle est née dans les Vosges ; comme elle, elle a un ex-mari, père de ses deux 1ers enfants, dont elle a du mal à se séparer… Comme elle, elle a une profession très prenante… Certes elle n’est pas cinéaste, mais après son baccalauréat, Valérie Donzelli a d’abord suivi des études… d’architecture ! Selon elle, les deux métiers ont des points communs : mener un projet à terme avec un budget à respecter, courir le risque de voir son oeuvre critiquée… et le choix de cette profession lui permettait de parler d ‘elle tout en prenant un peu de distance. 

Ce film est né d’une demande de de ses producteurs qui souhaitaient une oeuvre plus autobiographique que la précédente, mais aussi d’une volonté de déclarer son amour à la ville de Paris, une ville malmenée depuis les attentats de 2015 et à laquelle elle voulait redonner un peu de beauté. En choisissant comme projet architectural l’aménagement du parvis de Notre Dame, elle voulait traiter l’histoire d’un échec lié à l’architecture. Elle s’est inspirée de plusieurs projets qui ont fait scandale comme Beaubourg, la pyramide du Louvre, ou le plug de Paul Mac Carthy place Vendôme en 2014, et surtout les colonnes de Buren au palais Royal. 

Vous constaterez une particularité dans ce film : le personnage porte presque toujours le même costume, et la robe de chambre est faite dans le même imprimé que la robe, pour donner un côté côté BD, un peu comme si le personnage était une sorte de figurine, comme Bécassine ou Tintin. En effet, la réalisatrice ne manque pas de faire quelques clins d’oeil à la BD, mais aussi aux films de Demy voire au cinéma muet. 

Evidemment, l’incendie de la cathédrale a donné une tonalité différente au film et un petit parfum de nostalgie, mais c’est bien d’une comédie qu’il s’agit, une comédie burlesque et fantasque sur les vicissitudes de la vie d’une parisienne moderne.