Un havre de paix de Yona Rozenkier

Un havre de paix de Yona Rozenkier.

On ne compte plus les films où le conflit israélo-palestinien est en toile de fond.

On peut malgré tout citer quelques films qui sont passés ces dernières années dans les séances toiles émoi  :

  • Une bouteille à la mer (Thierry Binisti en 2010) : une jeune française installée à Jérusalem écrit une lettre suite à un attentat. Lettre qu’elle met dans une bouteille qu’elle jette à la mer et qui est ouverte par un certain gazaman.
  • Le fils de l’autre (Lorraine Levy en 2012) : Joseph apprend peu de temps avant de rentrer dans l’armée israélienne qu’il n’est pas le fils bilogique de ses parents juifs mais qu’il a été échangé à la naissance et qu’il est en fait palestinien.
  • Mon fils (Eran Riklis en 2015) : un brillant palestinien intègre un lycée juif d’excellence. Il sympathise avec un garçon atteint d’un grave maladie. Il se rapproche de la famille de ce dernier.
  • Tempête de sable (Elite Zexer en 2016) : l’amour entre une étudiante palestinienne et un étudiant juif.
  • Foxtrot (Samuel Maoz en 2017) : une bavure le long de la frontière israélo-palestinienne va faire tomber les masques d’un famille entière.

Le film de ce soir est réalisé par Yona Rozenkier. Il est né 1981 au kibboutz Yehiam au nord d’Israël. Il y a grandi et y a travaillé comme fermier, avant d’étudier le cinéma à l’université de Tel Aviv. Il a réalisé des courts métrages, puis c’est un de ses producteurs qui lui a conseillé de faire un long métrage. L’idée a rapidement germé et « un havre de paix » était né.

C’est l’histoire de 3 frères qui se retrouvent dans le kibboutz de leur enfance pour enterrer leur père. 2 jours plus tard, le plus jeune frère doit partir dans à la frontière où un conflit a éclaté. L’ainé et le cadet s’opposent, le premier veut l’endurcir, le second veut tout faire pour qu’il ne parte pas.

L’histoire est inspiré de la vie du réalisateur. Il tellement voulu que ce soit proche de lui qu’il a demandé à ses frères de jouer avec lui les rôles des frères.

Un kibboutz, un havre de paix ? Le kibboutz qui est présenté et peut paraître irréel est bien réel, il existe.

En revanche la guerre n’est jamais montrée, elle est toujours hors-champs. En revanche on l’entend.

Yona Rozenkier n’aime pas les films de guerre, les films sur la guerre réalisés par Zak Snyder ou Clint Eastwood où les soldats sont des héros. Il préfère aborder le poids terrible de la culpabilité et du doute, de personnes tiraillées par la pression machiste et sociale, de la honte d’avouer des blessures invisibles. Il va même jusqu’à parler de « virilité toxique ». Souvenez-vous, dans Foxtrot le machisme de la société israélienne était également très présent.

Ne soyez pas surtout pas anxieux il y a aussi des vrais moments d’humour burlesque et de rires sont là mais pour quels effets ?

Comme le dit le réalisateur :

« À sa création, Israël était un pays athée et séculaire où des femmes, comme la tante dans le film, se battaient pour l’indépendance. Le droit d’existence d’Israël ne doit pas devenir un droit religieux mais rester le droit laïc d’un peuple qui a été persécuté et qui, comme les Palestiniens, a droit à une terre. »

Nouveauté : dorénavant, j’essaierai dans mes présentations j’essaierai de m’imposer un dernier mot ayant un rapport très fort avec le film, ce soir ce sera : tuyau d’arrosage.

Bonne séance.

Philippe Malinge