Zombi Child, Bertrand Bonello

ZOMBI CHILD  – Bertrand BONELLO – 19 aout 2019 – Présentation Marion Magnard

Bertrand Bonello est né à Nice en 1968. Il partage sa vie entre Paris et Montréal où est née  sa compagne  Josée Deshaies, chef opérateur. Elle a été directrice de la photographie de la plupart de ses films. Ils ont une fille, Anne Mouchette.

Musicien de formation classique, il commence par accompagner de nombreux chanteurs en tournées, et notamment  Françoise Hardy. Parallèlement, sans doute  sous l’influence de sa compagne, il tourne des courts métrages. En 1996 il adapte  pour le cinéma « Qui je suis », un  long poème autobiographique de Pasolini. Passionné par ce travail, il décide de se consacrer davantage au cinéma, sans abandonner la musique.  Il continuera à composer, mêlant instruments classiques  et synthétiseurs.

En 1998, il tourne son premier long métrage «  Quelque chose d’organique » qui est sélectionné d’emblée au festival de Berlin. Les critiques le placent  dans la nouvelle génération de cinéastes qui étudient les rapports entre  les relations charnelles et mentales. 

En 2003, son film  « Tiresia »,  symphonie d’images très belles à interprétations multiples,  mélange transsexualité, mythes,  religions, musique de Bethoven et musique brésilienne….

En 2004, « Le Pornographe », avec Jean Pierre Léaud, évoque les rapports Père Fils, le métier de cinéaste, l’engagement politique.

La consécration lui arrive avec  « L’Apollonide ou les souvenirs d’une maison close » en 2011, distribution étincelante et images superbes, et  en 2014 le biopic très cru sur la vie d’Yves Saint Laurent. Habituellement, les cinéastes cherchent des producteurs pour réaliser leur projet, mais cette fois ce sont les producteurs  qui ont chargé Bonello de réaliser le film. Son succès est dépassé de très peu par le biopic de Jalil  Lespert, sur le même sujet, un peu moins cru,  sorti en même temps.

ZOMBI CHILD, que vous découvrez ce soir, a été présenté à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs. C’est un  film étonnant,  plus intimiste que les précédents, moins coûteux, tourné  rapidement, sans stars. Il a écrit le scénario et composé la bande-son, très remarquable.

C’est un mélange de mystique ,  de surnaturel , de  contemporain,  de trivial, navigant entre croyance, réalité et doute, entre 1962 et 2017, entre Haïti et le Pensionnat de la Légion d’Honneur dans la Seine Saint Denis . Et vous apprendrez beaucoup sur le Vaudou car Bertrand Bonello a fait de très sérieuses recherches.

Pour lui, le zombie n’est pas une figure folklorique, c’est le souvenir persistant d’un préjudice effroyable, c’est l’effarante réalité de l’esclavage. Et il imagine les conséquences de l’arrivée d’une haïtienne, avec toute son histoire,   à la Maison d’Education de la Légion d’Honneur, créée  par Napoléon Ier  qui en même temps est revenu sur l’abolition de l’esclavage votée par  la Révolution, sous l’influence de Robespierre. Cette maison  a un cadre de conduite rigide, une exigence de la réussite, qui amèneront   certaines élèves plus rebelles à avoir besoin de se créer une existence parallèle.

Et vous n’oublierez pas les magnifiques images  des évocations du visage de sa femme par Clairvius, ou de celui de l’amoureux peut être imaginaire de Fanny….