C’est ça l’amour, Claire Burger

C’est ça l’amour  ? Voilà  le titre que la réalisatrice Claire Burger aurait souhaité donner à son film, qui , selon elle, pose une question plus qu’il n’affirme.C’est son 1er long métrage en solo.Elle a participé à d’autres réalisations comme « Party girl », caméra d’or à Cannes en 2014.Elle est également l’auteur de 4 courts-métrages remarqués  dont « Forbach », consacré à sa ville natale : c’était d’ailleurs son film de fin d’étude à la Femis.

Elle situe également à Forbach l’histoire que nous allons découvrir.Le scénario, très structuré, s’inspire de son histoire personnelle.Elle a d’ailleurs tourné dans la maison où elle a passé son enfance.Pour préparer le film, elle a invité les acteurs à s’immerger dans le quotidien de sa propre famille afin de s’imprégner d’une ambiance qu’elle souhaitait traiter à l’écran

Claire Burger nous fait partager la crise d’une famille ordinaire et sa capacité à se reconstruire.Dans « Nos batailles », que nous avons vu en novembre, Guillaume Senez s’était déjà emparé du sujet de l’éloignement d’une femme, d’une mère, et nous avions découvert Romain Duris , désormais seul maître à bord.Claire Burger traite le sujet de manière différente axant sa caméra sur les réactions de chacun au cœur de la famille.Face à l’amour, chaque personnage incarne une position différente.

La réalisatrice pense  que , par le passé,  on a trop réprimé les émotions, la sensibilité, voire la fragilité des hommes ; elle a voulu ici rendre hommage à la tendresse des hommes et par là même à celle de son père.Elle a pour habitude de ne travailler qu’avec des acteurs non-professionnels, mais pour jouer le rôle du père elle a choisi le comédien Bouli Lanners qui , cependant n’est pas lui-même  père dans la vraie vie.Au festival du  cinéma européen des Arcs, il a reçu le prix d’interprétation masculine.C’est un comédien belge de 54ans.

Afin d’instaurer une grande complicité entre les acteurs, Bouli Lanners a reçu à son domicile les 2 débutantes  qui l’entourent : Justine Lacroix très émouvante et la pétillante Sarah Henoehsberg.Pendant un week –end ils ont vécu une vraie vie de famille.Claire Burger a donné à ses actrices les prénoms de ses artistes fétiches : Frida en l’honneur de Frida Kahlo , peintre mexicaine (il y a quelques années nous avions vu  un film sur sa vie , sa carrière) et Niki en l’honneur de Niki de Saint Phalle, artiste peintre et sculptrice.

Dans le film , il est question d’une pièce de théâtre que la réalisatrice était allée voir à Nanterre il y a quelques années.Le dispositif était un peu particulier puisque la pièce se créait avec les habitants d’une ville.Chaque participant devait trouver une phrase qui le raconte.Cette pièce a été  recréée à Forbach pour le film : des gens appartenant aux différentes couches de la société et à différentes communautés ont été recrutés.Claire Burger a tenu  ainsi à  affirmer l’importance de la culture, créatrice aussi de lien social.

Je vous souhaite de passer  une bonne soirée grâce à cet éloge de la paternité doublé d’une chronique sur l’adolescence.

Denise Brunet