I feel good, Delépine et Kervern

Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Le duo Delépine/Kerven

Gustave Kervern et Benoit Delépine ont fait leurs premières armes à la télévision, en écrivant et jouant des sketches. Pour Gustave Kerven, ce fut Le plein de Super (émission rock), pour Benoît Delépine : les Guignols de l’Info et Groland (émissions satiriques).

Ils se rencontrent tous deux en travaillant ensemble sur Golandsat.

Ce soir, c’est le 7 films communs.

En 2004, ce duo tourne leur premier film dans lequel ils jouent les 2 rôles principaux : deux voisins qui se disputent constamment et se font écraser par une benne agricole. Paralysés, ils partent réclamer des indemnités au constructeur du matériel agricole qui se trouve en Finlande.

Depuis, ils ont fait plusieurs films :

– Avida en 2006

– Louise Michel en 2008 avec Yolande Moreau et Bouli Lanners : comédie noire sur des employés d’une usine décidés à liquider leur patron après une délocalisation sauvage

– Mammuth en 2010 avec Gérard Depardieu et Yolande Moreau. Serge Pilardosse vient d’avoir 60 ans. Il travaille depuis l’âge de 16 ans, jamais au chômage, jamais malade. Mais l’heure de la retraite a sonné, et c’est la désillusion : il lui manque des points, certains employeurs ayant oublié de le déclarer ! Poussé par Catherine, sa femme, il enfourche sa vieille moto des années 70, une « Mammut » qui lui vaut son surnom, et part à la recherche de ses bulletins de salaires…

– Le Grand soir en 2012 avec Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel : deux frères, un éternel punk à chien et l’autre commercial licencié partent faire leur révolution à leur manière !

– Near Death Experience en 2014 avec Michel Houellebecq

– Saint Amour en 2016 avec  Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste : histoire d’un père et de son fils qui partent en taxi faire la route des vins pour mieux se retrouver…

Dans la filmographie de ces deux compères, on retrouve l’humour noir et décalé de Groland, des personnages issus d’un milieu modeste, leurs déboires avec l’administration, une société fondée sur le profit, un esprit de solidarité, avec un ton de comédie, un humour militant àune comédie sociale ! Kerven en parlant de I feel good, disait qu’il fallait monter un groupe politique « En marge » pour parler de ses personnages.

Dans le film de ce soir, nous allons retrouver Yolande Moreau, une habituée du duo et Jean Dujardin, qui, près Depardieu, c’est un autre poids lourd du cinéma français. Dujardin est plutôt habitué à des personnages sûrs d’eux, sophistiqués et charmeurs. Mais ce sont justement ces caractéristiques qui définissent Jacques, un peu comme OSS 117, investi d’une suffisance, d’une fatuité à toute épreuve, qui en font à la fois un être abject, mais qui inspire une certaine tendresse par tant de bêtise.

« I Feel Good » mélange humour et tendresse, au bénéfice d’un message social, où domine la solidarité dans une joyeuse entreprise des sentiments. Comédie qui fait malheureusement beaucoup moins d’entrées que d’autres comédies actuelles…