Green Book, Peter Farelly

Green book – 28 février 2019 –

Vous allez découvrir Green Book, sacré dimanche soir aux Oscars  meilleur film 2018. Je vous signale en passant que  l’Académie des Oscars  comprend 85 % de blancs, et 70 % d’hommes de plus de 55 ans…

Son réalisateur, Peter Farrely,  est né aux USA en 1956. Avec son frère Bobby, né deux ans après lui, il crée un type nouveau de comédies, burlesques, sans aucun tabou,  volontiers scatologiques,  dont un parfait exemple est l’inénarrable « Mary à tout prix ». 

Avec « Green book », réalisé cette fois sans son frère, Peter change  complètement de registre,  dans un style humaniste qui rappellerait plutôt « la vie est belle » de Frank Capra. Rappelons que Frank Capra a commencé lui aussi  par des films burlesques et « Arsenic et vieilles dentelles » pourrait être l’ancêtre de « Mary à tout prix ».

Le film est  la véridique histoire de Don Shirley,  célèbre pianiste de jazz afro-américain, élégant et cultivé,  et Tony Lip Villalonga,  chauffeur- livreur-videur dans le Bronx,  italo-américain plutôt rustre, beauf et raciste. Le musicien noir avait recruté le chauffeur blanc pour conduire sa voiture et  lui servir de garde du corps en 1962 lors de la tournée de concerts, qui devait le mener depuis Manhattan jusque dans les états ségrégationnistes du Sud des USA. 

Et « Green book » c’est un authentique  guide de voyage écrit en 1935 par un postier noir new yorkais, nommé, ça ne s’invente pas, Victor Hugo Green. Remis  chaque année à jour, il était destiné à indiquer aux touristes de couleur les lieux dans les états du Sud qu’ils devaient absolument éviter et ceux qu’ils pouvaient fréquenter sans risquer leur vie. Et il n’a a cessé de paraître qu’en 1966…

Le scénario est de Nick Villalonga, le propre fils de Tony Lip, qui a coaché pendant tout le film l’acteur  qui joue son père, le beau  et surdoué Viggo Mortensen, acteur américain  d’origine danoise. Polyglotte, il faut l’entendre raconter, en français, comment il s’est trouvé en avion par hasard à côté de notre Agnès Varda qui l’a littéralement charmé par son humour et sa sensibilité…

Vous avez aimé Mortensen dans le Seigneur des Anneaux, Captain Fantastic, Promesse de l’ombre. Dans Green book, il est magistral et hilarant, mais j’ai le regret de vous dire qu’il ne sera pas aussi beau cette fois, ayant dû  prendre 20 kg avec des pizzas, pour respecter le déséquilibre physique entre les deux hommes. 

Et c’est l’excellent acteur afro-américain Mahershala Ali, le premier acteur américain musulman à avoir obtenu un Oscar, qui interprète Don Shirley. Il a reçu dimanche son deuxième oscar, pour le meilleur acteur de second rôle.

 Green Book a aussi  recueilli le prix du meilleur scénario original. Et toutes ces récompenses ont provoqué la rage  de Spike Lee, dont le film Blackkklansman  n’a obtenu que l’oscar  du meilleur scénario adapté.Il  considére  que Green Book, réalisé par un blanc,   présente une vision condescendante et simpliste  des tensions raciales et un traitement réducteur de l’histoire du Racisme.Mais  comme ce film, qui mélange subtilement des sentiments de pudeur  et d’amitié est assez long, je n’en dirai pas plus. Est-ce le meilleur film 2018 ? A vous de juger.

Marion Magnard