Amanda

En novembre dans « Nos batailles » nous avions vu Romain Duris endosser les responsabilités d’un père devenu célibataire.Le thème de la paternité est également à l’oeuvre dans le 3ème long métrage de Mikhaël Hers, mais traité de manière b ien différente.

Ce réalisateur de 43ans a fait ses études de cinéma à la Femis et apparaît comme une figure montante du cinéma français.Dans ses 2 films précédents, « Memory Lane » sorti en 2010 et « Ce sentiment de l été » de 2015, il abordait déjà, aves beaucoup de finesse, la fragilité de l’existence.Il faut bien toute la douceur du regard de M.Hers et de sa scénariste Maud Ameline pour traiter de sujets poignants.

Dans le film de ce soir, ils ont voulu rendre hommage à la jeunesse parisienne décimée le 13 novembre 2015 au Bataclan.Un attentat sert de départ et de cadre au film, mais n’en constitue pas le sujet.Observer les efforts des survivants pour s’inventer un présent et un avenir: voilà ce qui intéresse le réalisateur.

Dans le 1er tiers du film, il prend le temps d’installer ses personnages dans un quotidien qu’il nourrit d’infinis détails à la manière de Patrick Modiano dont il est un grand lecteur ou du cinéaste Eric Rohmer.Le film a été tourné dans le XIIème arrondissement de Paris, près du bois de Vincennes, un Paris post-attentats.Des plans sur les espaces verts, sur les trajets à vélo traduisent une certaine harmonie.

Puis le cours des choses vole en éclats et M.Hers va dès lors étudier le parcours personnel de ses personnages, notamment de David, jeune homme de 24ans, insouciant, légèrement immature, qui va devoir se glisser au rang d’adulte.Il est interprété de manière magistrale par Vincent Lacoste, très convaincant dans son 1er grand rôle dramatique.La jeune Amanda, dont la silhouette poupine tranche avec une étonnante maturité, est jouée par Isaure Multrier, ce sont ses 1ers pas au cinéma.(Pour la petite histoire, elle est la fille de la productrice de Koh-Lanta, de Fort-Boyard: Alexia Laroche-Joubert.D’autres figures féminines , Stacy Martin qui a le rôle d’une étudiante, Greta Scacchi, celui de la mère lointaine, viennent aérer le récit.

Beaucoup de plans rapprochés sur les visages nous permettent de lire la trajectoire de chaque personnage.Tous les comédiens ont apprécié leur réalisateur qui dirige assez peu, mais qui sait créer une atmosphère pour qu’ils se sentent à l’aise.

Découvrons-les dans ce film qui sait rester lumineux , optimiste malgré l’injustice de la vie.

Denise Brunet.