Archives mensuelles : novembre 2019

30 ans Toiles Emoi

Quelques photos de notre soirée d’anniversaire. Merci encore aux élèves et aux professeurs de l’Ecole de Musique, à Christian Paboeuf, à nos anciens présidents, aux élus, à toute l’équipe de Cinéfestival, à nos partenaires et à vous tous qui nous avez fait l’honneur de partager ce moment avec nous!

une bonne partie des membres du bureau
le concert de l’Ecole de Musique
l’entracte sucré
la chanteuse au baiser
délicieux gâteau de la pâtisserie Randot à Ambérieu

Un jour de pluie à New-York

Nous vous présentons ce soir le 53ème de Woody Allen et de l’avis de tous ceux qui l’ont vu, il s’agit de son meilleur depuis une décennie.Il a fait l’ouverture du 45 ème festival du film américain à Deauville en septembre.

Il devait être distribué en 2018 aux USA, mais sa sortie a été annulée en raison du mouvement Me Too et de plusieurs accusations d’agressions sexuelles à l’encontre du réalisateur ,dont une particulièrement embarrassante pour lui puisqu’elle provenait de sa fille adoptive Dylan Farrow.Deux acteurs du film de ce soir:Rebecca Hall et Timothée Chalamet qui joue un des rôles principaux, ont partagé leur regret d’avoir tourné dans « Un jour de pluie à New-York » et ont reversé leur salaire à l’association Time’s up, destinée à venir en aide aux personnes victimes de harcèlements sexuels.En France, le distributeur des films de Woody Allen;:Mars Films, a attendu que les choses se tassent pour sortir le film, ne se sentant pas directement concerné par ce contexte extra-cinématographique.

Le récit est d’apparence futile:un couple d’étudiants prévoit de passer un week-end à Manhattan.En fait il raconte le désarroi d’une certaine bourgeoisie américaine.L’acuité du regard du réalisateur sur ces communautés bourgeoises , désinvoltes, est toujours aussi remarquable, même à 83 ans.Mais au fond il décrit son propre milieu social et culturel qu’il n’hésite pas à critiquer.

Sa caricature d’une jeunesse dorée, interprétée par une nouvelle génération de comédiens américains, conjugue légèreté, tendresse et humour.A travers son trio d’acteurs d’une vingtaine d’années : Timothée Chalamet, Elle Fanning, Selena Gomez, W.Allen a voulu capter l’idée même de jeunesse, synonyme d’élan vital , d’optimisme indestructible.Ce renouvellement des générations contribue à ce que le charme opère.

On retrouve bien-sûr tout ce qui caractérise les comédies sentimentales du réalisateur:des filles pétillantes, jolies, des garçons souvent pédants, des adultes inconséquents….Ajoutons la pluie » pour une comédie romantique, il faut de la pluie« plaisante W.Allen.Je crois savoir qu’il n’a pas hésité à en mettre beaucoup….

Cette balade frivole, loufoque, est jalonnée de bons mots, de répliques qui font mouche.Plus il vieillit, plus W.Allen se concentre sur l’écriture.Peut-être est-ce parce qu’il est conscient de savoir filmer sa ville comme personne, aidé en cela de son chef-opérateur: Vittorio Storano., il a donc plus de temps à consacrer aux dialogues.

Le cinéma de W.Allen prend ses racines à New-York.Sa caméra a voyagé ensuite dans les plus grandes métropoles romantiques d’Europe, mais il revient de nouveau à Manhattan.C’est avec délectation qu’il filme les rues , les bars, le Metropolitan Museum, les promenades à Central Park.

Quant à la musique, le réalisateur a proposé une compilation jazz dont 7 titres de Erroll Garner et une scène musicale au piano avec l’acteur Timothée Chalamet.

Je vous souhaite une bonne projection, ce film va sans doute nous donner envie d’avoir 20 ans à nouveau.

Denise Brunet

Ad Astra de James Gray

L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète.

Le titre du film, Ad Astra, en latin, signifie « vers les étoiles » et constitue un raccourcis de la formule « Ad Astra per Aspera » qui pourrait se traduire par « vers les étoiles, à travers la difficulté ».

James Gray est américain de 50 ans. C’est réalisateur et scénariste de films plutôt intimistes, il n’est pas habitué à des grands spectacles. C’est son 7ème film :
• Little Odessa (1994),
• The Yards (2000),
• La nuit nous appartient (2007),
• Two Lovers (2008),
• The Immigrant (2013)
• The Lost City of Z (2016).

On retrouve les thèmes déjà abordés dans ses précédents films :
• d’un côté la figure tutélaire du père
• de l’autre, le voyage vers l’inconnu pour s’en affranchir.

The Lost City of Z se déroulait au fond de la jungle amazonienne où une explorateur était à la recherche d’une cité perdue.
Ad astra et The Lost City of Z sont 2 films qui constituent les deux faces d’une même histoire, celle d’une quête existentielle incarnée par un héros, inadapté à son monde, qui part toujours plus loin à la recherche de réponses pour découvrir ce qu’il peut y avoir au bout.

Dans cette quête de l’inconnu, on ne peut s’empêcher de penser à Apocalypse Now.
Concernant l’espace et sa finitude ou son infinitude, sa difficulté d’appréhension, on ne peut non plus s’empêcher non plus de penser à 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.
Et Brad Pitt dans une scène nous rappelle Solaris d’Andreï Tarkovski.

On pourrait penser que cela va être un film de science fiction et le voir comme un grand spectacle, ce n’est pas le cas, ce qui est recherché avant tout, ce sont les émotions aussi diverses soient-elles (solitude, émerveillement, incompréhension…)
Ici on ne parle pas de science fiction mais de science future factuelle. On essaie d’être dans un forme de réalisme.
La Lune est vue comme un réseau d’avant poste. Mars est vu comme une base scientifique de la même manière qu’une base antarctique actuelle.
Ce n’est pas un film de dimension technique, la dimension méta-physique est « presque le prétexte » de ce film.

Les acteurs que l’on ne présente plus :
• Brad Pitt : le fils Roy McBride
• Tommy Lee Jones : le père Clifford McBride
• Donald Sutherland : Colonel Thomas Pruitt
• Liv Tyler : Femme de Roy McBride
• Ruth Negga : Helen Lantos, peut-être incarne-t-elle la vérité ?

La musique des compositeurs Max Richter et Lorne Balfe (collaborateur de Hans Zimmer) ajoute les dimensions voyage vers l’inconnu, réflexion, analyse voire introspection.
• Churchil
• Gemini man
• The last man on the moon
• Good morning england

Le mot du soir : sonate