Archives mensuelles : avril 2018

Call me by your name de Luca Guadagnigno

Call me by your name de Luca Guadagnigno

Tiré du roman d’André Aciman « Appelle-moi par ton nom », est l’histoire sensuelle et magnifique d’un premier amour.

Ce roman a été écrit en 3 mois en 2007, l’auteur raconte qu’il était comme en transe. Dès sa parution début 2007, le roman a très vite été érigé en classique moderne de la littérature sur le premier amour.

Bien qu’il ait été accueilli à bras ouverts par la communauté LGBT et qu’il soit considéré comme une référence de la littérature gay, cela n’empêche pas le roman de toucher un large public. Peter Spears, un des producteurs, explique : « Il fait vibrer la corde sensible de ceux qui le lisent parce qu’il évoque non seulement le premier amour, mais également l’empreinte indélébile qu’il laisse et la douleur qui lui est associée, ce que tout le monde peut comprendre, indépendamment de son sexe ou de son orientation sexuelle. »

Été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances dans la villa que possède sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia.

Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation, et il est proche de ses parents. Sa sophistication et ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir.

Dans les rôles

  • Timothée Chalamet : Elio Perlman (que nous avons vu la semaine dernière dans Lady Bird).

  • Armie Hammer : Oliver

  • Michael Stuhlbarg : M. Perlman (le père) (La forme de l’eau, Dalton Trumbo, Pentagon papers,…)

  • Amira Casar : Mme Perlman (la mère)

Le scénario. En 2014, les producteurs confient à James Ivory l’écriture du scénario (RETOUR À HOWARDS END, LES VESTIGES DU JOUR (Anthnoy Hopkins, Emma Thompson), CHAMBRE AVEC VUE, MAURICE.

Que dit Luca Guadagnigno de son propre film ? :« CALL ME BY YOUR NAME vient clore une trilogie de films sur le thème du désir qui se compose également de AMORE et A BIGGER SPLASH.

« Alors que dans les deux premiers volets de ce triptyque, le désir était associé à la possession, au regret, au mépris et au besoin d’émancipation, j’ai voulu l’explorer ici à travers le prisme d’une idylle de jeunesse. Elio, Oliver et Marzia naviguent dans les eaux troubles d’un amour qui, comme l’a jadis décrit Truman Capote, « celui qui n’a pas degéographie, ne connaît pas de frontières ».

« CALL ME BY YOUR NAME est également un hommage aux figures paternelles qui m’ont guidé tout au long de ma vie : mon propre père évidemment, mais aussi mes pères de cinéma : Renoir, Rivette, Rohmer ou Bertolucci… »

Les films de Luca Guadagnino sont salués pour leur érotisme, il n’a jamais recours à la sexualité gratuitement. Regardons ce que le réalisateur et les acteurs disent à propos des scènes de sexe :

Le réalisateur : « Au cinéma, le sexe peut être très ennuyeux à regarder. Mais s’il permet de mettre en lumière le comportement des personnages et nous éclaire sur leur nature profonde, alors cela m’intéresse. En revanche, s’il ne s’agit que d’une mise en scène de l’acte, ça n’a aucun intérêt. »

Timothée Chalamet raconte : « Les scènes dans lesquelles Elio et Oliver s’embrassent et font l’amour pour la première fois sont composées de plans longs qui rendent palpables leur gêne et la tension physique, alors que s’il y avait des millions de coupes, ce ne serait pas le cas. »

Armie Hammer ajoute : « Au cinéma, la plupart des scènes de sexe sont filmées de manière à mettre les acteurs en valeur alors que ce film met en scène deux personnes qui explorent avidement le corps de l’autre. Et je trouve que cela illustre bien l’incertitude et l’émerveillement que l’on ressent lors d’une première expérience sexuelle avec un nouveau partenaire. »

Je terminerai par une citation, Michael Stuhlbarg le père : « Si on a la chance de ressentir profondément une émotion, même douloureuse, il ne faut pas s’en détourner. Quel gâchis de ressentir quelque chose d’aussi beau pour essayer ensuite de prétendre que cela ne s’est jamais produit ! »

Cette émotion peut être le film de ce soir !

Bonne séance.

Lady Bird de Greta Gerwig

Lady Bird de Greta Gerwig

Américaine de 34 ans, premier film de Greta Gerwig en tant que réalisatrice.

Actrice dans

  • 20TH CENTURY WOMEN

  • JACKIE

  • MAGGIE A UN PLAN

  • MISTRESS AMERICA

  • FRANCES HA

  • TO ROME WITH LOVE

L’histoire

En 2002, au début des rapides mutations du paysage économique américain, Christine alias « Lady Bird » se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi.

Les acteurs

SAOIRSE RONAN : Lady Bird, actrice actrice irlandaise, depuis l’age de 13 ans tourné dans :

  • REVIENS-MOI (Keira Knightley et James McAvoy),

  • THE GRAND BUDAPEST HOTEL,

  • HANNA

  • LES CHEMINS DE LA LIBERTÉ

LAURIE METCALF : Mario, la mère, active américaine de 62 ans

  • RECHERCHE SUSAN DESESPÉRÉMENT,

  • LEAVING LAS VEGAS,

  • L’ONCLE BUCK,

  • JFK

  • AFFAIRES PRIVÉES

  • TV : DESPERATE HOUSEWIVES, THE BIG BANG THEORY

TRACY LETTS : dramaturge, scénariste, comédien américain de 52 ans, le père. Il a reçu le prix Pulitzer pour la pièce « Un été à Osage County ». Tourné dans :

  • PENTAGON PAPERS

  • CHRISTINE

  • INDIGNATION

  • TV : HOMELAND

LUCAS HEDGES : Acteur américain de 21 ans, Danny le copain de Lady Bird, a tourné dans :

  • MANCHESTER BY THE SEA

  • MOONRISE KINGDOM

  • THE GRAND BUDAPEST HOTEL

  • LAST DAYS OF SUMMER

  • ZERO THEOREM

  • SECRET D’ÉTAT

  • 3 BILLBOARDS, LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE

THIMOTHÉE CHALAMET : acteur franco-américain de 22 ans

  • CALL ME BY YOUR NAME

  • HOSTILES

Sacramento, cette ville est un des personnages important du film. Lorsque l’on vous dit Californie, vous pensez San Francisco et Los Angeles, les 2 villes phares. Mais cet état est avant tout très agricole, Sacramento est une ville rurale, les m’as-tu-vu n’habitent pas là, c’est une ville modeste et humble comme ses habitants.

Lady Bird vit une année en classe de terminale, année où au États-Unis c’est souvent un deuil de l’adolescence, on se rend compte que ce sont « les dernières fois » pour les enfants ou pour les parents.

Dans ce film on assiste à de nombreuses relations entre les personnages, mais une seule est au centre du film celle entre la mère et la fille, d’ailleurs le titre provisoire du film était MERES ET FILLES.

Selon la réalisatrice, à l’adolescence les rapports mère/fille sont à la fois extraordinaires et incroyablement complexes. Greta Gerwig considère qu’on ne se dispute qu’avec les gens que l’on connaît vraiment. La scène de la dispute dans la voiture a été tournée la dernière semaine du tournage, lorsque les 2 actrices se connaissaient bien.

La réalisatrice a décidé de ne pas fournir de détails, de ne pas expliquer les relations entre les personnages. Elles sont celles qu’elles sont, comme dans la vraie vie, on croise toutes sortes de familles sans en connaître le parcours.

Elle les personnages a cherché à ce que les personnages soient beaux en raison de leurs défauts mêmes, et non malgré ces défauts.

Coté technique, pas de caméra à l’épaule style documentaire mais au contraire des décors précis « comme le Chemin de croix déroule les épisodes de la Passion du Christ. »

Un gros travail a été fait sur les couleurs de manière à ce qu’elles évoquent le passé mais sans être la réalité de ce passé. Tout a été fait pour que le spectateur éprouve une certaine distance avec le film, qu’il ressente la présence du cadre et de la mise en scène.

Quant on pose la question de savoir si ce film a été inspiré par ses parents, elle répond :

« Ils m’ont appris que ce n’est pas la génétique qui détermine les liens familiaux, mais l’amour, et qu’il faut toujours partager ce qu’on a, comme on peut ».

Ce soir nous sommes tous là, chanceux pour partager cette séance de cinéma. Bon film.

Jusqu’à la Garde de Xavier Legrand (2017)

Il s’agit du premier long métrage de Xavier Legrand. Formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, il apparait dans plusieurs pièces de théâtre et également dans plusieurs films notamment en 2005, dans  « les amants réguliers » de Philippe Garrel (avec Louis Garrel).

Il réalise en 2012 un premier court métrage intitulé « Avant que de tout perdre » qui devait être le premier volet d’une trilogie de courts métrages sur la violence conjugale au sein d’un couple. Ce premier raconte l’histoire d’une femme qui, maltraitée par son mari violent, parvient à s’enfuir avec ses deux enfants. Il met en scène Léa Drucker dans le rôle de Miriam et Denis Ménochet dans celui de son mari Antoine.

Le jeune réalisateur souhaitait faire un second court film sur le divorce qui suivrait cet événement, puis sur Antoine qui, fou de rage, irait jusqu’à tenter d’assassiner sa femme et ses enfants.  C’était sans compter sur l’incroyable et imprévisible succès de ce petit film qui a fait le tour de la planète au cours de l’année 2013.

C’est au Festival International du Court Métrage de Clermont Ferrand qu’ « Avant que de tout perdre » a commencé à faire parler de lui de manière sensationnelle. Parmi les dizaines de films en compétition chaque année, il rafle à lui seul les quatre prix les plus importants de l’événement : Prix de Presse Télérama, Prix de la Jeunesse, Prix du Public et Grand Prix National.

Sans surprise, ce court métrage d’une quarantaine de minutes a retenu l’attention de l’Académie des César qui lui a remis le trophée du meilleur court métrage en 2014. Ce court métrage a également été sélectionné aux Oscars, mais n’a pas été primé.

« Jusqu’à la garde » a également reçu une très bonne critique avec de nombreux prix dont le Lion d’Argent de la mise en scène et prix du meilleur premier film à la Mostra de Venise en 2017.

Ce long métrage reprend trois acteurs du court : Léa Drucker, Denis Ménochet et Mathilde Auneveux (la grande fille). Le garçon est interprété par Thomas Gioria (changement d’acteur pour être plus raccord par rapport à l’âge du personnage). Le film a d’ailleurs été tourné dans l’ordre chronologique afin d’aider Thomas à incarner son premier rôle.

Le sujet de la rupture n’est pas nouveau au cinéma. Je vous ai sélectionné qq films pour vous en remémorer des extraits :

La Guerre des Rose

Blue Valentine

Kramer contre Kramer

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Annie Hall et bien d’autres de Woody Allen

Nous ne vieillirons pas ensemble de Pialat

Une séparation

Le Secret de Brokeback Mountain

Crazy, Stupid, Love

Her

etc. !!

L’équipe qui porte le film lors des projections bénéficie d’un très bon accueil et reçoit également de nombreux témoignages de femmes ayant subi des violences conjugales.

Quelques chiffres officiels en France :

Les meurtres. En 2016, 123 femmes et 34 hommes ont été tués par leur partenaire ou ex-partenaire ; 25 enfants mineurs ont été tués par l’un de leurs parents dans un contexte de violence au sein du couple (Source : ministère de l’intérieur).

La violence physique. En 2016, 225 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint. Moins d’une femme sur cinq victimes de violence déclare avoir déposé plainte. Plus de la moitié n’a fait aucune démarche auprès d’un professionnel ou d’une association (Source : Insee).

Je vous souhaite une bonne séance avec ce film qui est annoncé par certains critiques comme « Le premier grand film français de l’année. »

Benoît Feuvrier