Archives mensuelles : janvier 2018

Un Homme intègre

Un Homme intègre

De Mohammed Rasoulof  25/01/20

Les cinéastes de la nouvelle vague  du cinéma iranien ne nous sont pas inconnus :Asghar Farhadi : nous avions vu 2 de ses réalisations : « Une Séparation », « Le Passé », Jafar Panahi avec « Taxi Téhéran », plus récemment Ali Soozandeh avec « Téhéran tabou » et ce soir nous découvrons Mohammed Rasoulof avec « Un homme intègre ».

C’est un souvenir de jeunesse qui a inspiré le film à ce réalisateur iranien de 45ans ; il a commencé à travailler en produisant des publicités en vidéo. Un soir il décroche un travail urgent à faire pour le lendemain, il monte dans sa voiture pour aller à son bureau ; en route  il est arrêté par la police pour un contrôle  de routine, il n’avait commis aucune irrégularité, cependant on l’immobilise. Au bout de la rue il repère un commissariat. Le temps passe, il explique aux policiers qu’il doit se rendre rapidement à son bureau, au risque de perdre son travail. Mais rien n’y fait ; jusqu’au moment où un policier lui dit que s’il verse une certaine somme d’argent, il sera libéré. Il n’a pas assez d’argent sur lui, propose au policier de l’accompagner jusqu’à son bureau ; là, il en profite pour photocopier rapidement chaque billet qu’il  va lui remettre. Puis , il va au commissariat, raconte qu’on l’a forcé à payer un pot de vin et qu’il veut porter plainte. On lui demande s’il a des preuves .Il montre les photocopies et conseille au policier de regarder les billets de ses collègues quand ils seront de retour au commissariat.  Aussitôt,  on le met en cellule , et il ne quittera le commissariat que le lendemain.

Cette histoire  n’a rien à voir avec celle du film, mais ce qu’il a vécu tout jeune, il ne va pas cesser de le dénoncer : le cercle vicieux de la corruption, le constat de la terreur que fait peser  l’état iranien.

Dans le film de ce soir, il va confronter cette gangrène aux valeurs  morales d’un homme intègre : tout est dit dans le titre. « Le recours à la corruption est  un élément de la culture commune de  mon pays, dit Rasoulof, et tout le monde se résigne ».En effet  elle pénètre toutes les couches de la société. Il va même plus loin en disant « qu’elle est devenue un système qui nous oblige à être corrompu et à corrompre ».Celui qui  n’obéit pas  aux valeurs du système est considéré comme un marginal, un fauteur de troubles.

Tout au long du film, les rencontres se déroulent dans une voiture afin de rester discrètes. C’est ainsi que le réalisateur a rencontré l’acteur principal, la veille du tournage pour ce rôle que personne ne voulait interpréter. Les acteurs principaux qui jouent le rôle de Réza et Hadis sont remarquables de justesse.

Le film dépasse son statut de film dénonciateur sur le fond, pour s’inscrire dans un projet esthétique sur la forme : les ellipses, les plans récurrents : l’eau par exemple comme instrument de purification, les silences austères qui alternent avec des dialogues explicatifs ,servent ce projet.

Dès les 1ères séquences, le réalisateur installe nombre d’éléments importants pour la suite. Le poisson symbolise la chance, la vitalité lors des fêtes du nouvel an iranien le 21mars.

Le film porte à la fois  le courage de son personnage principal et celui de son réalisateur. En  2010 Rasoulof avait été arrêté et condamné en même temps que son confrère Jafar Panahi pour « propagande contre le régime » : il était déjà l’auteur de 6 longs métrages à l’époque. Malgré les pressions politiques, il n’a jamais arrêté de produire, mais évidemment aucun de ses films n’a été projeté en Iran. Il a l’appui de la « Maison du cinéma », institution indépendante iranienne qui négocie avec les autorités, en passant sous silence certaines scènes, pour qu’il obtienne l’autorisation de tourner. En 2011 il a reçu à Cannes le prix de la mise en scène pour « Au revoir », puis en 2013, après avoir présenté à Cannes « Les manuscrits ne  brûlent pas », son passeport, ses biens personnels sont confisqués. Au dernier festival de Cannes en mai 2017, il a remporté le prix « Un certain regard » pour « Un homme intègre » dans la sélection du même nom. A son retour en Iran, il s’est vu à nouveau confisquer son passeport et depuis octobre2017, il est assigné à résidence dans son pays. Il vit loin de son épouse et de sa fille  qui sont à Hambourg et il vit sous la menace d’un emprisonnement pour « propagande contre  le régime ».Il tient cependant à continuer à faire des films en Iran, car , selon lui « la situation ne changera pas  si l’on reste à l’extérieur ; quand je ne pourrai plus travailler, au moins je n’aurai pas de regret ». Il reste persuadé que le changement social finira par arriver, mais il pressent une issue violente.

Certes, c’est un film plutôt âpre, mais hélas il  traduit la réalité, pas seulement iranienne. Les mêmes problèmes sont évoqués dans « Léviathan » du Russe Zvyagintsev, dans « Le Caire confidentiel » de Tarik Saleh d’origine égyptienne et dans bien d’autres documentaires ou longs métrages.

Denise Brunet

 

Nouvelle tranche début 2018

Ne manquez pas nos prochaines soirées 7ème art!

Soirée 7° Art 2017-2018 4ème tranche-4

 

…/…

JEUDI 15 FÉVRIER – 20H30 .

L’ÉCHANGE DES PRINCESSES Film historique français réalisé par Marc Dugain. Durée : 1H40. Avec Lambert Wilson, Olivier Gourmet, Anamaria Vartolomei,… 1721. Une idée audacieuse germe dans la tête de Philippe d’Orléans, Régent de France… Louis XV, 11 ans, va bientôt devenir Roi et un échange de princesses permettrait de consolider la paix avec l’Espagne, après des années de guerre qui ont laissé les deux royaumes exsangues. Il marie donc sa fille, Mlle de Montpensier, 12 ans, à l’héritier du trône d’Espagne, et Louis XV doit épouser l’Infante d’Espagne, Anna Maria Victoria, âgée de 4 ans…

JEUDI 22 FÉVRIER – 20H30 .

3 BILLBOARDS, LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE Comédie dramatique américaine, britannique réalisée par Martin McDonagh. Durée : 1H56. Avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell,… Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville. 4 Golden Globes dont ceux du meilleur film dramatique et meilleure actrice dans un drame. VOST

JEUDI 1er MARS – 20H30 .

WONDER WHEEL Drame américain réalisé par Woody Allen.
Durée : 1H41. Avec Kate Winslet, Justin Timberlake, James Belushi,… Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l’effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses. Le nouveau film de Woody Allen. En VOST

JEUDI 08 mars –

2 films pour la journée de la femme:

18h30 LES GARDIENNES de Xavier Beauvois

21h: THE BATTLE OF THE SEXES de Dayton et Faris

DIANE A LES ÉPAULES de Fabien Gorgeart

DIANE A LES EPAULES de Fabien Gorgeart – 11janvier 2018

Diane a les épaules, le 1er long métrage de Fabien Gorgeart s’inscrit dans la lignée de ses 4 courts métrages réalisés entre 2009et 2016 : ils s’intéressaient déjà à la parentalité : par exemple Le Sens de l’Orientation racontait l’histoire d’un homme qui n’avouait pas sa stérilité à sa petite amie qui désirait un enfant ; Un Chien de ma chienne, primé dans plusieurs festivals internationaux, rappelait l’épuisante grossesse vécue par une femme.

Dans le film de ce soir, il s’agit d’une procréation décalée :une grossesse pour autrui.Mettre au cœur de son 1er long métrage un sujet ultra –sensible, jamais encore abordé frontalement dans le cinéma, est un acte plutôt osé de la part du jeune réalisateur.

Il a voulu le traiter avec une certaine légèreté dans le ton,mais sans exclure la profondeur des sentiments et les questionnements.Il se garde de porter tout jugement et explore le sujet avec subtilité, sans clichés.Pour lui, le film n’est pas un film sur un sujet de société, mais le parcours d’une femme indépendante, drôle, un peu garçonne, qui casse les représentations connues.

Elle aborde sa grossesse comme un pur acte de générosité, son geste n’est pas associé à un sacrifice ; elle n’a pas été non plus payée pour le faire.Son apparente nonchalance, sa décontraction, cachent en fait une grande fragilité.

Le réalisateur interroge non seulement la question du lien maternel, filial, mais aussi celle du lien amical, amoureux, par l’attitude des 3 autres personnages masculins.Dans les dernières séquences , la comédie romantique s’approche du mélodrame.On retiendra l’ultime plan-séquence d’une forte intensité mais aussi d’une grande puissance affective.

Fabien Gorgeart a écrit le scénario pour Clotilde Hesme, sa comédienne fétiche.En 2011 elle avait décroché le César du meilleur espoir féminin pour Angèle et Tony.On l’a vue au bras d’Omar Sy dans « Chocolat ».Certaines images du film ont été tournées alors qu’elle attendait son 1er enfant et ce avant le tournage.

Le film repose sur elle, mais il serait injuste de ne pas citer les acteurs qui l’entourent : Fabrizio Rongione, révélé par les Frères Dardenne, Thomas Suire, acteur de théâtre surtout, et Gregory Montel, remarqué dans la série Dix pour Cent.

On vit à une époque où la société est bousculée par des rapports de filiation qui ont tendance à s’affranchir du modèle parental dit traditionnel. C’est aussi le portait d’une génération à la croisée des époques qui est dressé ici, génération tiraillée entre les vieilles valeurs des parents et l’angoisse du présent.

Fabien Gorgeart nous présente une histoire de notre temps.Débuut janvier de cette année, le quotidien La Croix a mandaté l’Ifop pour poser des questions bioéthiques à un échantillon représentatif de 1010personnes ; une des questions portait sur l’autorisation de la GPA :gestation pour autrui : résultat du sondage :64% des personnes interrogées se disaient favorables.Il me reste à vous souhaiter une bonne soirée en vous laissant découvrir ce film touchant, en plein dans l’actualité.

CARRE 35 d’Eric Caravaca

Le film de ce soir est un documentaire du comédien Eric CARAVACA qui signe ici son deuxième long métrage.

Quelques mots sur le réalisateur-comédien…

Né en 1966 à Rennes, Eric CARAVACA débute sa carrière dans des spectacles mis en scène par Philippe Adrien, dans les années 90. Il obtient en 1996 son premier grand rôle au cinéma avec Un samedi sur la terre de Diane Bertrand où il joue avec Elsa Zylberstien et Dominique Pinon.

En 1999, il tourne C’est quoi la vie ? de François Dupeyron, histoire d’un fils de paysan qui quitte sa ferme. Entouré notamment de Jean-Pierre Darroussin, ce rôle lui vaut d’obtenir le César du Meilleur espoir en 2000. Il retrouvera ce réalisateur à plusieurs reprises : en 1996 avec L’amour est à réinventer, en 2000 dans la chambre des officiers où il joue le rôle d’une gueule cassée (pour lequel il est nominé au César du Meilleur acteur en 2002), en 2002 dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran et en 2004 dans Inguelezi.

Sa carrière est constituée de différents films français, j’en cite quelques uns, allant

– de comédies comme Les Ambitieux avec Karin Viard ou Cliente avec Nathalie Baye,

– du cinéma d’auteur ou de genre avec Son frère de Patrice Chéreau

– des films engagés comme La Raison du plus faible, le polar social de Lucas Belvaux ou Eden à l’Ouest de Costa-Gavras.

S’agissant de sa carrière de réalisateur, il passe derrière la caméra pour réaliser son premier film Le Passager, présenté à la Semaine Internationale de la Critique à Venise en 2005, Grand Prix du Jury et Prix du Public au Festival de Belfort, Prix du Meilleur Réalisateur au Festival d’Ourense.

L’idée de Carré 35 germe depuis longtemps dans l’esprit de son créateur. Depuis Le Passager, depuis l’adolescence, depuis qu’il sait qu’il y a un « cadavre » dans la famille. Le déclic, ou la soudaine prise de conscience, a lieu en Suisse, en 2010, en marge du tournage de La Petite Chambre, de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond. Profitant d’une pause entre deux prises, l’acteur arpente les allées du cimetière qui sert de décor à la scène. Arrivé dans le « carré enfants », il s’arrête soudain devant une tombe et lit l’épitaphe : « Chère petite fille, nous t’aimons plus que de raison. » L’acteur éclate en sanglots. Et se demande aussitôt d’où lui vient cette tristesse. Les souvenirs, les soupçons, les questionnements autour d’une petite sœur très tôt décédée, et dont l’évocation (par et avec ses parents) est jusqu’alors demeurée taboue, refont surface. La récente paternité de Caravaca creuse le gouffre, lequel décide d’entamer des recherches.

Durant quatre ans, en parallèle d’autres projets, Caravaca développe son projet, prend des notes et quelques contacts. Avec Arnaud Cathrine (coscénariste du Passager), qui l’aide à structurer ses idées, ils construisent d’abord « une sorte de scénario serti d’images très précises ». À partir de là, Caravaca part en repérages et accumule les photos qui font évoluer l’architecture de son script.

Mais au moment d’entrer dans le vif du sujet, les choses se compliquent. « C’est difficile d’interviewer ses parents et de poser les bonnes questions », concède le fils cinéaste. La crainte de blesser, les vieilles douleurs, la lourdeur du tabou grèvent le développement du film. Caravaca s’autocensure, et s’interdit d’aborder le problème de front, d’employer « les mots qui fâchent ». Caravaca finit par changer de méthode, en particulier vis-à-vis de sa mère et à parler frontalement.

La matière visuelle de Carré 35 emprunte à différents supports : films de famille en Super 8, photographies, documents officiels et administratifs et des images d’archives historiques.

Selon Caravaca, « Carré 35 est aussi le récit de tout ce que certains ont choisi d’appeler les événements – pour ne pas avoir à dire guerres –, toutes les atrocités qui ont été commises en Afrique du Nord, où se sont rencontrés et mariés mes parents dans les années 1950 (à Casablanca au Maroc) et où est née Christine. Cette petite fille est devenue le symbole de tout ce qui a été occulté. »

J’en terminerai en vous disant que Carré 35 est sorti le 1er novembre, jour de la Toussaint, ce qui fait sourire Caravaca qui ne croit pas au hasard : « Ce jour-là, j’aurai fait mon devoir parce que cette enfant va exister. ».

 

Benoît Feuvrier

Teheran Tabou, de Ali Soozandeh

 

En 1970, Ali SOOZANDEH nait à Chiraz en Iran. Il a 9 ans lors de la révolution islamique éclate, mais très jeune il   ressent douloureusement la pesanteur et la rigidité du régime. Après des études d’Art à Téhéran, à 25 ans il falsifie son passeport, et fuit à Singapour.

Il s’installe en suite en Allemagne à Cologne. Il gagne sa vie dans le cinéma, comme cadreur, photographe de plateau puis storyboarder, dessinant chaque plan pour la préparation du tournage des films. De dessins en dessins il en vient à se spécialiser dans les films d’animation.

Un jour, dans le métro, il surprend une conversation entre deux frères jumeaux iraniens, qui reviennent de Téhéran. Ils parlent sans réserve, persuadés que personne ne peut comprendre leur langue, et ils évoquent leurs aventures sexuelles et les problèmes d’une jeune prostituée venue dans la capitale avec son enfant pour tenter de gagner sa vie. Soozandeh connait la situation difficile des iraniens, par ses propres souvenirs, les conversations qu’il a avec ses amis restés en Iran, et les réseaux sociaux, qui ne sont pas encore neutralisés. il connait la corruption en Iran, le manque de toutes libertés, même dans le domaine de la musique. Et il décide de se lancer sur ces thèmes dans la réalisation de son premier film.

Il ne veut pas un film d’animation proprement dit, car il tient à combiner réalisme et distanciation. IL fait un essai en 3 D, puis un autre en utilisant des marionnettes. Finalement, s’inspirant de l’excellent « Valse avec Bachir » du réalisateur israelien Ari Folman, qui a utilisé la technique de la rotoscopie, il décide d’adopter cette méthode.

Il recrute des acteurs européens, mais tous d’origine iranienne, venus d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche, filmés en prises réelles, sur fond vert, suivant la technique du Keying. Puis leurs images, dont il ne garde que le contour, sont retracées et peintes. Elles sont ensuite insérées dans le décor qui remplacera le fond vert. Pour ce décor, Soozandeh a dessiné Téhéran, la grande ville entourée de montagnes que les films de Kiarostami ou Farhadi, qui continuent à tourner en Iran, vous ont rendu un peu famlière.

Vous remarquerez alors que le film est plutôt sombre, des séquences d’une coloration dans des tons orangés,  lorsque le réalisateur se place du point de vue du petit garçon, pour symboliser sa vision enfantine pleine d’espoir. Et ce sont aussi les souvenirs de son enfance dans les ruelles ensoleillées des bazars…

« Plus la sexualité est contrôlée, plus les gens s’emploient à contourner les tabous par des stratégies de dissimulation », nous dit Soozandeh, «  et ce sont les femmes, pourtant les plus durement touchées par ces tabous, qui font respecter les règles qui entravent sévèrement les libertés ». Il conclut que le problème est en quelque sorte plus social que légal. Et en ce moment où d’importantes manifestations ont lieu dans les grandes villes contre Hassan Rohani, celui-ci continue à bénéficier d’un large soutien parmi la population, peut être par peur des représailles.

Le film est interdit en Iran, où il ne circule que sous le manteau. Car Il est perçu par les Autorités comme un pamphlet non conre l’Iran, mais contre l’Islam, pamphlet qui serait financé par Israël. En effet, l’un des sponsors du film est Nespresso filiale de Nestlé, société suisse mais qui a des capitaux israeliens… .

Pour la petite histoire, c’est grâce au Keying, la couleur verte qui fait disparaitre, que Jacques Audiard n’a pas eu besoin de couper les jambes de Marion Cotillard dans « de rouille et d’os »….

Marion Magnard