Archives mensuelles : juillet 2017

Album de famille

ALBUM DE FAMILLE – 13 juillet 2017

Le cinéma fait partie intégrante de la culture populaire turque depuis 1896, lorsque les opérateurs des Frères Lumière sont venus tourner en Turquie et projeter leurs films à la Cour Ottomane.

La production très abondante (la 5ème production mondiale ! ) n’est guère vue qu’en Turquie, il faudra attendre YOL palme d’Or 1982 à Cannes, ex aequo avec MISSING de Costa-Gavras, pour que le cinéma turc émerge à l’International. Depuis, vous avez vu des films excellents comme « Winter Sleep » une autre palme d’or, « Il était une fois en Anatolie », de Nuri Bilge Ceylan et dernièrement   « Mustang » de la jeune Deniz Ganze Ergüven

Le réalisateur d’ Album de famille, MEHMET CAN METROGLU nait en 1988 dans une petite ville de Turquie qui n’a pas de lycée. Il part donc faire ses études secondaires à Izmir dans un lycée qui a un fabuleux cinéclub où il découvre aussi bien Dreyer, Antonioni, Bergman que Soukorov. A 15 ans, c’est décidé, il sera réalisateur. Il poursuit des études de littérature à l’Université d’Istamboul, voit « 100 films par ans », tourne quelques courts métrages. « Album de Famille », son premier long, a été la révélation de la Semaine de la Critique 2016 à Cannes…

Nous allons découvrir un cinéaste malicieux à l’humour très noir, qui incarne une Turquie jeune et ouverte, luttant contre les tabous et le conservatisme, au moment où Erdogan pose une main de fer sur le pays.

Ses modèles sont des cinéastes taciturnes : le français Jacques Tati, le finlandais Kaurismäki , l’américain Jim Jarmusch et le roumain Porambolu, avec lequel il a beaucoup travaillé..

Au cours de ses interviews, Metroglu regrette la préférence du public turc pour les films formatés genre « séries télé ». Il explique qu’il n’aime que les plans séquences laconiques, des plans larges où il peut se passer des choses aux différents niveaux de l’image. Il déteste les « champs-contrechamps qui dictent les sensations du spectateur ». Il faut que chacun ait « la liberté du regard » devant des situations ambigues dont l’on ne sait pas s’il faut rire ou pas, comme vous le verrez dans le passage sur les commentaires du couple devant la petite fille proposée à l’adoption.. .

Les critiques ont parlé d’une « comédie italienne à la turque », et vanté la grande élégance plastique du film. Et ils nous en promettent une démonstration magistrale dans le dernier plan qui a été jugé « aussi magnifique qu’insondable ».

Découvrons ensemble « Album de Famille ».

Rodin

Rodin de Jacques Doillon

Cette année 2017 est l’année du 100ème anniversaire de la mort de Rodin.

Par rapport au film de Bruno Nuytten en 1988, avec Gérard Depardieu et Isabelle Adjani qui s’intitulait « Camille Claudel », une autre vision de Rodin nous est donné ce soir.

Je ne vais pas revenir sur l’œuvre cinématographique de Jacques Doillon qui a fêté ses 73 ans cette année.

La genèse de ce film est assez étrange, en effet, tout part de deux producteurs qui contactent Jacques Doillon après son dernier film « Mes séances de luttes » en 2013. Ils lui proposent de faire un documentaire sur Rodin. Jacques Doillon se documente, prépare et plus il prépare, plus il sent que pour rendre Rodin vivant, il faut intégrer de la fiction. Il abandonne le documentaire et se lance dans un film.

Décors et œuvres

Les scènes ont été tournées dans la maison de Rodin à Meudon. Beaucoup d’éléments de décors sont les originaux seuls les plus fragiles ont été reproduits.

Les œuvres de Rodin et notamment « la porte de l’enfer » a été entièrement reconstruite grandeur nature. Au fil du tournage les éléments préalablement préparés étaient mis en place. Les sculptures que nous verront ont été crées par des artistes et des étudiants des beaux arts. Certaines ont été réalisées grace à des imprimantes 3D. Afin d’avoir des gestes crédibles, Vincent Lindon a beaucoup manipulé la terre avec des sculpteurs.

Acteurs et actrices

Vincent Lindon s’est imposé à Doillon, dès le début du projet il a été contacté et a accepté.

Izia Higelin a été choisie car elle possède « les gênes virevoltants » de son père avec qui Doillon avait tourné 20 ans auparavant dans « Un homme à la mer ». Elle possède également une « fantaisie joyeuse, et à son exaltation qui pouvait vite tourner à l’orage. »

On notera l’actrice Séverine Caneele qui interprète Rose Beuret. compagne de Rodin est aussi celle qui se mariera avec l’artiste. Ce n’est pas une actrice professionnelle, elle est ouvrière du textile, elle tourne pour la première fois en 1999, puis en 2004 dans « Quand la mer monte » de Yolande Moreau. Depuis plus rien, elle retourne à son travail d’ouvrière quand on lui propose le rôle de Rose Beuret. Espérons que nous la reverrons.