Archives mensuelles : décembre 2016

Sing Street – 29 décembre 2016

Sign street de John Carney

John Carney est un réalisateur irlandais de 44 ans. Il réalise son premier long métrage en 1996 « November afternoon » pour lequel il est obtient le prix du meilleur film décerné par l’Irish Times. Ensuite, il réalise plusieurs films pour la télévision. En 1999 il réalise « Park » (une histoire sur un cas de pédophilie en Irlande) et en 2001 « La vie à la folie », une rencontre entre deux adolescents dépressifs dans un hôpital psychiatrique.

En 2014 il réalise « New York Melody », un drame, romance, musical avec Keira Knigthley et Mark Ruffalo. Ce film est nominé aux oscars et obtient l’oscar de la meilleure chanson.

Le film de ce soir se déroule dans le Dublin, années 80. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les radios.

Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce est obligé de changer de lycée privé. Sa capacité d’adaptation à ce nouveau milieu est mise à l’épreuve. Afin de ne pas rentrer dans ce jeu, il va essayer de séduire par la musique la plus jolie fille du quartier.

John Carney nous dépeint la vie dans un lycée privé, une expérience qu’il a lui même vécu dans les années 80 et qu’il tenait à partager.

Les acteurs, à part Jack Reynor que l’on a pu voir dans MacBeth, Transformers et que l’on verra beaucoup en 2017, les jeunes acteurs sont des novices, ils tournent pour la première fois dans un film. Lors de prises de vue, cela rappelait à John Carney ses débuts où il dirigeait des acteurs non professionnels et notamment son père.

John Carney a voulu une réalisation actuelle et non une réalisation telle qu’elle se faisait dans les années 80 de manière à faciliter l’immersion du spectateur l’époque.

Concernant la musique ou plutôt les reprises de chansons connues, les musiciens professionnels devaient jouer comme des amateurs de manière à faire vrai, un vrai challenge selon John Carney, pas assez faux, trop parfait…

Je vous souhaite un bon retour dans les Irish eighties.

SAINT AMOUR – 22 décembre 2016

Saint Amour est le septième film des réalisateurs Gustave Kervern et Benoit Delépine.

KERVERN est né en 1962 à l’Ile Maurice. Il est le descendant d’un marin né à Brest en 1756 qui a fait souche à l’île Maurice. Gustave fait des études de commerce, et, comme il est passionné de musique, il il part à Paris dans l’idée de travailler pour une maison de disques. En fait, il est engagé à la Télévision pour « avis de recherche » de Patrick Sébastien ; puis pour Top 50, aux côtés de Yann le Bolloch et Bruno Solo. Il intègre ensuite « les Guignols » où il sera le journaliste alcoolique et bourru de « Groland ». Et c’est là qu’il rencontre son alter ego Benoit Delépine.

DELEPINE est né en 1958 à Saint Quentin. Après des études de journaliste, il travaille dans la publicité et très vite son côté insolent et provocateur, son goût pour l’absurde, le font engager comme auteur et acteur des Guignols.

Ils sont faits pour s’entendre et constituent d’emblée un duo de « jumeaux cosmiques capables de rire de tout, même du pire »…

En 2004, ils décident de tourner un film en noir et blanc « Aaltra », un road movie sarcastique et surréaliste, puis deux ans plus tard ils réalisent « Avida » une comédie métaphysique et débridée. En 2008, ce sera le désopilant « Louise Michel » avec Yolande Moreau, un Albert Dupontel tueur à gages déchaîné et déjà Benoit Poelvoorde, suivi en 2010 de « Ay Basta » et surtout « Mammuth » aussi adulé que controversé, avec Depardieu, Poelvoorde et Yolande Moreau, puis le « Grand soir » en 2012 avec Dupontel et Poelvoorde.

Comment peut arriver à fonctionner cette paire de réalisateurs déjantés, dont la méthode est précisément de ne pas en avoir ?

J’ai pensé qu’il fallait chercher la réponse chez ceux qui les connaissent le mieux : les acteurs qui ont fait équipe avec eux. Et j’ai commencé avec Vincent Lacoste qui a découvert nos deux lascars dans « Saint Amour ». Bien que né en 1993 il a déjà tourné avec une bonne vingtaine de réalisateurs, je citerai Riad Satouf dans « les Beaux Gosses », Noémie Lvovsky, dans « Camille redouble »,   Benoit Jacquot dans « le journal d’une femme de chambre » ou encore Thomas Lilti dans « Hippocrate ».

Vincent LACOSTE raconte : « J’étais stupéfait : dans mes précédents tourn age, il y avait 5 ou 6 camérs, ici, une seule.. Pas de répétition, la plus grande liberté. En général, une journée de tournage donne au mieux deux minutes utiles, avec eux c’est 45 minutes de film par jour ! Et si on finissait plus tôt, on passait trois heures à table..On rencontrait les gens des villages, les vignerons nous apportaient leur vin. Les réalisateurs adoraient ces rencontres et observaient les gens pour en faire leur miel. Un soir, sur un parking, ils ont embauché une famille pour un tournage le lendemain! ».

Michel HOUELLEBECQ, qui joue le propriétaire de la maison d’hôtes, déclare que les deux gaillards sont «  les ultimes survivants de l’ancien esprit canal et qu’à eux trois ils représentent des espèces menacées, comme si un rhinocéros blanc rencontrait deux tortues à pattes jaunes ».

L’actrice de porno OVIDIE dit en riant qu’elle ne s’est pas sentie dépaysée dan ce film où elle joue un agent immobilier nu qui s’offre à Poelvoorde pendant une visite…

Quant à Benoit POELVOORDE, vieux complice de nos réalisateurs, il précise qu’il est habitué à tout puisque dans son premier film  avec eux il était filmé tout nu de dos dans une compétition de motocross…

Gérard DEPARDIEU explique que c’est leurs fragilités qui les unissent. Kervern est un acteur, Delépine un pamphlétaire, leur œuvre, une espèce de BD. « Depuis qu’eux et moi ne buvons plus, on devient triste. Mais comment empêcher Benoit Poelvoorde de boire un canon et ne pas boire avec lui ? il est trop inquiet du devenir de l’humanité… »

Pour Yolande MOREAU, ils ont une idée très précise et vont droit à l’essentiel. Ils n’ont qu’un mois de vacances pour tourner et ils n’ont pas l’intention d’entrer dans la psychologie des personnages, ce qui est justement ce qu’elle aussi souhaite éviter…

Céline SALETTE, que vous voyez généralement dans des rôles plus cérébraux, qui joue ici Vénus, éclate de rire en se rappelant le tournage : « ce sont les jours les plus drôles de ma vie » dit elle, « leur niveau d’énergie vitale est carrément hors normes » !

Isabelle ADJANI ne joue pas dans Saint Amour, mais je ne peux pas résister au plaisir de citer son commentaire après le tournage de « Mammuth » : «  Je ne pensais pas qu’ils pourraient faire appel à moi, je n’étais pas leur genre. Mais je n’ai pas pu dire non quand ils m’ont proposé de jouer le fantôme du premier amour de Gérard, car ne suis-je pas devenue moi-même un fantôme dans le cinéma français ? »

Vous allez voir un film dont on a pu dire « qu’il enfile les rencontres comme autant de perles différentes, toutes précieuses, tantôt drôles, tantôt poétiques, parfois grinçantes, mais toujours utiles aux personnages » et aussi, je l’espère, utiles au plaisir du spectateur.

Clash, de Mohamed Diab – jeudi 15 décembre 2016 –

L’audace, le courage sont 2 qualités qu’on peut attribuer au jeune réalisateur égyptien de 38 ans : Mohamed Diab. Nous l’avions découvert avec son 1er long métrage « Les femmes du bus 678 » où il dénonçait le harcèlement sexuel subi par les femmes dans les transports en commun égyptiens.

Dans « Clash », on est à l’intérieur d’un fourgon cellulaire en piteux état, sous l’implacable soleil du Caire, et à travers le barreaux, les occupants découvrent des scènes de guerre civile.         Dans une Egypte où chaque citoyen peut porter plainte contre une œuvre artistique quelle qu’elle soit, si elle lui déplaît, le réalisateur force l’admiration en proposant un cinéma engagé.

Nous sommes en juillet 2013 au Caire, dans une ville en plein chaos, 2 ans après le « printemps révolutionnaire ». Le Président islamiste Morsi, élu démocratiquement en 2012, a confisqué la révolution, et conduit son peuple à une grande déchirure. Au lendemain d’une manifestation massive, il est renversé par l’armée. Pour raconter les affrontements après la chute de Morsi, Mohamed Diab se sert d’un « huis clos roulant » : un fourgon de police. Débordés par les manifestants, les policiers y ont entassé une quinzaine de militants de tous bords. Les émeutes à l’extérieur vont être vues depuis l’intérieur du fourgon. Ce découpage de la guérilla urbaine à travers de petites fenêtres est une belle idée cinématographique.
Dans le fourgon les deux 1ers personnages que nous verront sont un journaliste et un photographe. Le réalisateur nous en dit plus : le journaliste est inspiré de Mohamed Fahmy ; c’est un journaliste égypto-canadien qui travaillait pour Al-Jazeera. Il a passé un an et demi en prison avant d’attaquer la chaîne qui l’avait laissé tomber pour des propos peu conformes à ses exigences. Quant au photographe il ressemble beaucoup à Mohamed Abou Ziad qui couvrait les manifestations de l’été 2013 pour un journal égyptien. Il est toujours en prison depuis trois ans maintenant. Nous découvrirons peu à peu les autres occupants.

Mohamed Diab et son frère ont écrit 13 versions du scénario ; ils ont fabriqué eux-mêmes le fourgon, copie conforme de ceux de la police. Le film a été tourné en 26 jours dans 8 m². Installer une caméra dans un cadre aussi réduit est une réelle prouesse technique.

Au dernier festival de Cannes, le film a remporté le prix de la mise en scène, très théâtrale, le prix du scénario et le prix spécial du jury dans la section « Un certain regard ».

Le film de Mohamed Diab est un témoignage politique précieux sur l’Egypte de 2013, mais au fond, il nous parle aussi de l’Egypte d’aujourd’hui. Les forces en présence et en conflit étaient les mêmes : les révolutionnaires qui croyaient à un avenir démocratique, les Frères musulmans, faction politico-religieuse à laquelle appartenait le Président Morsi, et l’armée.

Le réalisateur se désole en disant « le seul sujet que mon frère et moi avons pu trouver sur la révolution, c’est son échec ». Toutefois, il précise qu’ils n’ont pas voulu « faire un film sur la politique mais sur l’humain ».
Comme toujours, je n’ai pas vu le film, mais sachez que les dernières images sont décrites comme dures. D’autre part, il se peut que le contexte dans lequel le film a été tourné soit nettement indiqué, toutefois dans le doute j’ai préféré resituer les événements.

Bonne projection.

Denise Brunet

Comancheria, David Mackenzie

commancheria

David Mackenzie, Britannique d’origine écossaise, développe très tôt une passion pour le cinéma, au même titre que son frère, Alastair Mackenzie. L’un veut être réalisateur, l’autre acteur : rapidement, ils décident de se lancer dans l’aventure. Avec peu de moyens, c’est leur détermination qui les pousse à sauter le pas, en 1994. Ils fondent ensemble une société de production et commencent à écrire plusieurs scénarios à quatre mains. Ainsi, à 50 ans, David Mackenzie a déjà derrière lui une filmographie de neuf longs-métrages aussi dissemblables que possible, aussi bien par les sujets traités que par les genres abordés. Souvent primé dans les festivals internationaux, Mackenzie n’avait éveillé en France qu’un intérêt limité (pour preuve la sortie éclair en salles en 2012 de Rock’n’Love, sorte d’ovni cinématographique tourné en temps réel pendant un festival de musique), jusqu’à ce que le dernier Festival de Cannes n’invite son dernier film, Comancheria, dans la sélection Un certain regard.

Ce film n’est cependant pas un film d’auteur, mais s’inscrit plutôt dans la tradition des films de studio. En effet, le script de Comancheria était inscrit sur la fameuse liste des meilleurs scénarios en attente de producteurs avant d’être acquis par Kimmel Entertainment et Film 44, la société de Peter Berg. Les producteurs ont décidé de faire appel pour la mise en scène à David Mackenzie après avoir vu Les Poings contre les murs (2014), film carcéral violent et réaliste. Le réalisateur dit avoir été intéressé par ce projet pour deux raisons : parce qu’il ne s’agit pas d’une histoire manichéenne d’une part et pour mélanger différents genres cinématographiques de l’autre. Il explique : « Ce qui m’a intéressé dans ce projet, c’est qu’il met en scène ce que j’appelle la ‘criminalité rédemptrice’, autrement dit, il s’attache à des personnages honnêtes qui transgressent la loi pour des raisons légitimes. C’est aussi un croisement très rare entre le western, la comédie, le film de braquage et le road-movie. »

Pour le scénario, le studio a fait appel à Taylor Sheridan (acteur et scénariste de Sicario de Denis Villeneuve). Quant aux acteurs, on retrouvera le truculent Jeff Bridges en ranger lancé aux trousses des deux Robins des bois modernes interprétés par Chris Pine et Ben Foster.

Pour finir quelques mots sur le titre : le titre original est « Hell or High water » ce qui peut se traduire par “Contre vents et marées” et peut faire référence à la situation des personnages et à leur détermination. Le titre français, lui, met en avant la région dans laquelle se passe le film et attire l’attention du spectateur sur le côté western du film. En effet la « comancheria » est le nom donné à la région habitée par les Comanches avant 1860. Elle englobe l’actuel Etat du Nouveau-Mexique, l’ouest du Texas et d’autres territoires. Indiens, Latinos et Texans y cohabitent aujourd’hui. Beaucoup y souffrent de la pauvreté et d’une criminalité toujours plus impitoyable liée à la drogue. Or de nombreux figurants sont des habitants du Nouveau Mexique, où s’est déroulé le tournage de Comancheria.

Cinéthon: résultats!

D’abord merci à tous ceux qui ont participé à notre premier « Cinéthon » et nous ont permis de reverser 193,20 euros au Téléthon!

Parmi ceux qui ont joué, 10 spectateurs ont trouvé les 5 bonnes réponses au quizz. Il s’agit de:

Catégorie adultes: Gandin Thérèse; Marlois Nathalie; Michalet Sophie; Virton Thierry; Ravier Eva

Catégorie enfants: Marthoud Quentin; Ballot Nina; Marteau Susie; Marthoud Lucie

(+ une dixième personne qui a oublié d’inscrire son nom!)

Les 9 personnes dont le nom est cité ci-dessus peuvent se rendre à l’accueil du Cinéfestival aux heures des séances pour retirer leur lot (affiche de cinéma)

Réparer les vivants, de Katell Quillevéré – jeudi 1er décembre 2016 –

« Réparer les vivants » est en fait une expression de Tchéchov. Maylis de Kérangal l’a choisie comme titre de roman. Ce livre, publié en 2014,  a été plébiscité par le public et la critique ; il a inspiré également plusieurs pièces de théâtre. Katell Quillevéré, la réalisatrice, connaît l’auteure et après avoir lu le roman, a décidé de l’adapter au cinéma.                                                                Son film précédent : « Suzanne » était centré sur peu de personnages et se déroulait sur 20 ans. « Réparer les vivants » au contraire, met en scène une quantité de rôles sur une durée de 24h. La cinéaste réussit à faire tenir 24h en 1h40 et ce sans précipitation excessive, grâce à son écriture cinématographique : aux travellings pour toutes les scènes de vie, de flux s’opposent des plans fixes.

Les séquences d’ouverture, à la fois fortes et poétiques sont dues au travail du chef opérateur : Tom Harari qui nous livre de superbes images prises dans la région du Havre. Pour ce film, qui n’est pas médical pour autant, producteurs et réalisatrice ont travaillé en étroite collaboration avec l’agence de biomédecine, qui exerce des missions notamment dans les domaines du prélèvement, de la greffe d’organes, de tissus. Des médecins de cette agence ont relu le scénario et validé l’aspect médical.                                                                                                   L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et l’hôpital Necker ont servi de lieu de tournage : une aile d’hôpital désaffectée a été réaménagée pour le film.                                                                         Tous les acteurs ont suivi une formation à l’hôpital, en adéquation avec leurs rôles. Quand ils sont arrivés sur le tournage, ils étaient tous chargés de ce vécu. Néanmoins, par souci d’exactitude, les mains de certains acteurs ont été doublées par celles de vrais chirurgiens. Parmi les acteurs, on citera : Emmanuelle Seigner, bouleversante dans le rôle de mère ; Kool Shen, que l’on a connu d’abord par le groupe rap NTM, joue une partition juste en tant que père ; Tahar Rahim, remarqué dans « Un prophète » de Jacques Audiard ; Dominique Blanc, toujours excellente ; Anne d’Orval, actrice québecoise qu’on a vue dans « Mommy », tous constituent les maillons d’une chaîne de solidarité et savent nous redonner la sensation du lien entre les individus.                                                                                                                                     Katell Quillevéré, cette jeune réalisatrice de 36 ans, ne voulait surtout pas faire un film larmoyant ; elle a su trouver un équilibre délicat en préférant l’empathie. « Je veux raconter cette histoire du côté des vivants », dit-elle.

Denise Brunet

La projection est suivie d’une discussion avec les membres de France ADOT : association pour le don d’organes et de tissus humains.

 

Projet associatif

Après des séances de travail très fructueuses, le projet associatif est présenté en CA puis validé le 9 septembre 2016. Il est présenté officiellement aux adhérents le 24 novembre.

Vous trouverez ci-dessous la présentation faite aux adhérents.

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Vous trouverez ci-dessous le document dans son intégralité.

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Toiles Emoi s’associe au Téléthon

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Les 1er, 2 et 3 décembre, Toiles Emoi s’associe au Téléthon organisé par la ville d’Ambérieu. Des cartes jeux seront vendues au cinéma (prix libre totalement reversé au Téléthon). Vous jouez, vous déposez la carte dans l’urne… et vous avez des chances de gagner des lots offerts par le Ciné festival (affiches de cinéma…).

La liste des gagnants sera prochainement diffusée sur notre site.