Archives mensuelles : juin 2016

Grande braderie d’affiches de cinéma!

A l’occasion de la fête du cinéma, du dimanche 26 au mercredi 29 juin, Toiles Emoi vous propose d’acquérir à prix bradé les affiches de vos films préférés, récents ou plus anciens. Un stand de vente d’affiches se tiendra une demi-heure avant chaque séance devant la salle Cinéfestival (ou dans le hall en cas de mauvais temps). Le profit de la vente ira à l’association, qui n’a pas d’autre ressource que les cotisations des adhérents.

Merci à Cinéfestival pour ce cadeau à notre association!

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Café Society de Woody Allen

Café society est le 47ème film de Woody Allen (80 ans) ou plus exactement un film choral.

« Café Society » désigne le milieu des mondains, artistes et personnalités qui fréquentaient les cafés et les restaurants à la mode à New York, Paris et Londres, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Très en vogue dans les années 30 à New York.

L’ambiance du film : Les années 30, New York et Los Angeles (éternelles rivales déjà dans « Anny Hall »), les histoires d’amour, le jazz. Woody Allen revient à ses fondamentaux et à ce qu’il aime.

Ce n’est pas pour une éternelle redite mais au contraire une réflexion subtile sur :

  • les ravages du temps

  • l’impasse du couple

  • l’amertume qui guette

  • les choix cornéliens que nous nous faisons au cours de notre vie.

Revenons au film

Coincé entre des parents qui ne s’entendent pas et un frère gangster, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer. Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux mais la réciproque n’est pas vrai.

Acteurs :

Jesse Heisenberg (Bobby) : découvert par le grand public en 2010, dans « The Social Network » dans le rôle de Marc Zuckerberg, patron de Facebook. Il avait tourné avec Woordy Allen en 2010 avec Woody Allen dans « To Rome with love ».

Kristen Stewart (Vonnie) : « Sils Maria », « Still Alice », « Into the Wild »

Steve Carell (Phil) : « Little Miss sunshine », « Coup de foudre à Rhode Island » et « Free Love »

Woody Allen en narrateur : « J’ai fait ce choix parce que je savais exactement quelle intonation donner à chaque mot. Je me suis dit qu’à partir du moment où j’avais écrit l’histoire, c’était comme si je lisais oralement mon propre roman« ,

Le chef opérateur est Victorio Storaro, qui œuvrait déjà pour Francis Ford Coppola dans « Apocalypse Now » et pour Bernardo Betollucci dans « Le dernier empereur ». Il a réussi à convaincre Woody Allen de tourner en numérique et dans un format 2,00:1, ce qui nous donne une fois traitée, une image sublime.

Comme aurait dit Chris Marker (réalisateur, écrivain, illustrateur, philosophe ) : « l’humour est la politesse du désespoir », synthèse que semble réaliser Woody Allen.

Bonne séance.

Café Society

 599218.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxComédie dramatique américaine réalisée par Woody Allen.

Durée : 1H36. Avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart,…

New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux. Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de main…

Film d’ouverture du Festival de Cannes. VOST

JEUDI 16 JUIN : 20H30

Soirée italienne jeudi 09 juin à partir de 19h

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N’oubliez pas, le jeudi 09 juin, notre soirée italienne en partenariat avec l’AMIBOP.

Comme l’année dernière, nous vous proposons non pas un film italien mais deux, un classique et un contemporain, réunis autour d’un même thème.
Cette année vous pourrez (re)voir à 19h, L’Argent de la vieille/Lo Scopone scientifico de Luigi Comencini, puis à 21h45 Les opportunistes/Il capitale umano de Paolo Virzi.

Entre les deux films, une collation sera offerte par Toiles Emoi et l’AMIBOP, à base de spécialités italiennes bien sûr!

« L’Avenir » de Mia HANSEN-LØVE- jeudi 2 juin 2016

A Berlin « l’Avenir » a obtenu l’Ours d’Argent de la meilleure réalisatrice en la personne d’une jeune française de 35 ans : Mia Hansen-Løve. Son nom est d’origine danoise comme l’était son grand-père paternel.                                                                                                                     Ce prix vient couronner une carrière entamée en 2007 avec son premier long métrage           « Tout est pardonné » puis trois autres ont suivi : « Le père de mes enfants », « Un amour de jeunesse », « Eden » en 2014. Dans tous ces films elle a traité de la jeunesse, mais dans son cinquième : « l’Avenir », elle aborde une autre tranche d’âge : la cinquantaine.

Avant de réaliser des films elle a été comédienne, c’est Olivier Assayas (à qui l’on doit entres autres « Sils Maria ») qui lui a donné son premier rôle. Et pour la petite histoire, ils se sont mariés en 2009. Parallèlement à son métier d’actrice, elle a écrit, en tant que critique, dans « les Cahiers du cinéma » jusqu’en 2005 ; position délicate que celle d’être à la fois acteur et critique !

Ses parents étaient tous deux enseignants de philosophie et Mia Hansen-Løve a pris conscience que, chez elle, il y a un lien entre ce qu’elle a vécu à travers ses parents et ce qu’est, pour elle, le cinéma. La quête de sens, le questionnement étaient constants dans les propos de ses parents, et elle veut retrouver ce chemin dans son art.

Dans ce film, on parle beaucoup, on échange notamment sur la philosophie, on lit ; cette relation aux livres, à la pensée est rarement traitée au cinéma. Il faut remonter à 1990 pour voir un cinéaste, Eric Rohmer, représenter des intellectuels et leur univers, dans « Conte de printemps ». La réalisatrice admire beaucoup Rohmer, Truffaut ou des cinéastes plus contemporains comme Claire Denis, Arnaud Desplechin.

Si elle accorde beaucoup d’importance aux mots, elle en accorde tout autant au silence. Elle laisse « parler », si je puis dire, les paysages, ceux du Vercors, de la Bretagne et filme la lumière, surtout celle de l’été. La nature occupe une place importante dans le cheminement intérieur de l’héroïne, jouée admirablement par Isabelle Huppert : éblouissante, plus juste que jamais, émouvante dans sa fragilité apparente : la liste des qualificatifs de sa prestation est longue.        A la manière impressionniste, touche par touche, elle réussit à montrer des choses profondes, graves.

Mia Hansen-Løve refuse la caricature pour décrire la complexité psychologique de ses personnages. Là, elle nous livre le portrait sensible d’une femme en quête de bonheur. Elle n’imaginait pas quelqu’un d’autre qu’Isabelle Huppert dans ce rôle, et à Berlin, sa première phrase a été celle-ci : « Je voudrais tout d’abord remercier Isabelle Huppert pour m’avoir fait confiance ».                                                                                                                                                   Aux qualités les plus familières du talent de l’actrice : finesse, énergie, humour, la réalisatrice a ajouté une forme de douceur et de mélancolie parfois.

Le temps retrouvé ou le temps qui reste à vivre est un des thèmes du cinéma de Mia Hansen-Løve. Et face au temps qui passe et contre lequel on est impuissant, on ne peut qu’éprouver une certaine mélancolie.                                                                                                      Le film traîne un flot d’amertume, mais la cinéaste a tout fait pour qu’il ne soit pas pesant.        Le mouvement est permanent. La musique par contre est rare : seulement trois morceaux dont un lied de Schubert et un morceau au générique. La chanson qui clôt le film peut être interprétée par chacun comme il le souhaite nous dit Mia Hansen-Løve.

Aux côtés d’Isabelle Huppert, forte malgré tout, face à l’adversité, André Marcon tient le rôle de son mari dans le film, Edith Scob, sa mère et un jeune acteur de 29 ans a toute la confiance de la réalisatrice : Roman Kolinka : il est le fils de Marie Trintignant et du batteur du groupe Téléphone : Richard Kolinka ; sa prestation a été très remarquée.                                                        Bonne séance.

Denise Brunet