Archives mensuelles : avril 2016

Quizz sur Les Tontons Flingueurs

         QUIZZ Les tontons flingueurs

 1. Reliez l’acteur au personnage qu’il interprète

acteur personnage
Lino Ventura Jean, le majordome
Francis Blanche Paul Volfoni
Bernard Blier Raoul Volfoni
Jean Lefebvre Antoine Delafoy
Claude Rich Maître Folace
Robert Dalban Fernand Naudin

Bonnes réponses :      /6

  1. Qui est :
  • le réalisateur  du film: __________________________________
  • l’auteur du roman dont le film est tiré : _______________________
  • le dialoguiste : _____________________________
  • le compositeur : ___________________________

Bonnes réponses :   /4

  1. Complétez ces répliques 
  • « Non mais t’as déjà vu ça ? En pleine paix ! Il chante et puis crac, un b____________! Il est complètement fou ce mec. Mais moi, les dingues, je les soigne. Je vais lui faire une o_____________, et une sévère… J’vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va l’retrouver, éparpillé par petits bouts, façon p__________. Moi, quand on m’en fait trop, j’correctionne plus : j’dynamite, j’disperse, j’ventile ! »
  • « Alors, il dort le gros con ? Ben il dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule ! Il entendra chanter les anges, le gugusse de M________________… Je vais le renvoyer tout droit à la maison mère… au t______________ des p_____________… «
  • « Patricia, mon petit… je ne voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier, l’homme de la p________, parfois rude reste toujours courtois, mais la vérité m’oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les b________ ________! »
  • « Les c_______, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »
  • « Bougez pas ! Les mains sur la table. Je vous préviens qu’on a la puissance de feu d’un c___________ et des flingues de concours ! »

Bonnes réponses :        /10

TOTAL :        /20

 

Correction à suivre….

Les tontons flingueurs + La leçon de cinéma de Fabrice Calzettoni

Synopsis et détailsLes_Tontons_Flingueurs

Sur son lit de mort, le Mexicain fait promettre à son ami d’enfance, Fernand Naudin, de veiller sur ses intérêts et sa fille Patricia. Fernand découvre alors qu’il se trouve à la tête d’affaires louches dont les anciens dirigeants entendent bien s’emparer. Mais, flanqué d’un curieux notaire et d’un garde du corps, Fernand impose d’emblée sa loi. Cependant, le belle Patricia lui réserve quelques surprises !

 

 

Date de sortie 27 novembre 1963 (1h 45min)                                                         Trailer du film

De Georges Lautner

Avec Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche

Genres Comédie, Policier

Nationalités Français, Allemand, Italien

Soirée 7ème Art

Jeudi 28 Avril : 20H.

19H30 : Apéro / 20H : Film

(Suivi d’une leçon de cinéma présentée par Fabrice Calzettoni de l’Institut Lumière).

ROSALIE BLUM – Julien Rappeneau

ROSALIE BLUM – Julien Rappeneau – 21 avril 2016

Fils du réalisateur Jean Paul Rappeneau, neveu de la réalisatrice Elisabeth Rappeneau, Julien est nourri et abreuvé de cinéma dès sa naissance.

Saturé, il décide de faire des études de Droit : par amour des mots, il sera avocat, ou journaliste. Mais à la maison, on discute castings et scripts, et par amour de mots, Julien est amené rédiger des scénarios pour son père, puis pour des téléfilms (« le Juge est une femme », c’est de lui) ,  puis pour d’ autres réalisateurs, par exemple Eric Lartigau pour « qui a tué Paméla Rose » Olivier Marchal pour « 36 quai des orfèvres », Jérôme Salle pour « Largo Winch »…

Une amie lui donne à lire les 3 tomes du roman graphique de Camille Jourdy « Rosalie Blum », et c’est le coup de cœur : de l’extraordinaire dans des vies ordinaires, un savant mélange d’humour, de délicatesse et de fantaisie, tout ce qu’il aime. Et il est fasciné par les trois personnages principaux, qui chacun présente de troublantes analogies avec sa propre personnalité. C’est décidé, il va en faire un film. Il n’en a jamais tourné, pas même de courts métrages, mais il apprendra en faisant le film, assisté par Marc Mameaux.

Il rencontre Camille Jourdy, ils sympathisent et elle lui laissera la plus entière liberté. Il part en Bretagne, lire et relire les trois tomes, s’en imprégner et puis les refermer pour faire de cette histoire son affaire personnelle.

Pour le casting, il n’a y a pas d’hésitation : d’un commun accord entre l’auteur et le réalisateur (qui ont adoré Noémie Llovsky dans « Camille redouble » et « les beaux gosses »), Noémie sera Rosalie, c’est une évidence. Elle a d’ailleurs accepté le rôle dès la lecture du script, se sentant des accointances avec le personnage. « Rosalie vit avec un désespoir accepté et peut donc s’amuser de tout, comme moi qui tente de prendre les vagues et de faire mon miel avec ce qui arrive » observe t’elle.

Alice Isaaz, 24 ans, sortie du cours Florent, a joué dans « Joséphine ange gardien » à la Télé, et elle traîne ce rôle comme une casserole. Mais cela ne dérange pas Julien, elle sera une parfaite Aude. « Elle est très jolie et bonne actrice » dit il, «  sa voix grave tranche avec son physique, et elle a une vraie capacité émotionnelle ».

Julien a découvert Kyan Kholjandi sur Canal Plus dans « Bref » où il l’a trouvé « empathique, maladroit et charmeur ». Etudiant en droit franco-iranien qui vendait des tapis dans le magasin de son père pour payer ses études, il a tout plaqué pour faire du théatre à Paris. «  En étant heureux parce qu’on fait ce qu’on aime, » dit il, « on donne de l’énergie aux autres ».

Et vous allez retrouver Anémone que vous aviez rencontrée ici même lors du Festival « Premiers Regards » traînant son petit chien au bout d’une ficelle…

Le roman de Camiile Jourdy était situé dans une petite ville du Jura, mais Julien a préféré, sur les conseils de Marc Mameaux, spécialiste des repérages, tourner à Nevers, ville de moyenne importance où des « filatures » pouvaient plus vraisemblablement passer inaperçues, que dans un village jurassien où tout le monde se connait.

La musique, en osmose avec l’humeur du film, est une création de Martin Rappenau, frère de Julien.

Et je vous laisse en compagnie de Rosalie Blum, «  un conte de la vie ordinaire, à la fois drôle, émouvant, léger et lumineux ».

El Clan – film argentin de Pablo Trapero

Pablo Trapero est un jeune réalisateur argentin de 44 ans, qui a déjà une belle carrière internationale, et fait partie de la Nouvelle vague du  cinéma argentin.

Il a étudié le cinéma à l’université, avant de débuter par la réalisation de quelques courts métrages au début des années 90.

En 1999, son premier long métrage, Monde Grua, s’attache, dans un style proche du documentaire  à décrire le quotidien difficile de la classe ouvrière argentine.

Trois ans après ce premier film remarqué dans de nombreux festivals internationaux, il met en scène le polar El Bonaerense(2002),  sélectionné à Cannes dans la section Un certain Regard.

Il présente à Venise son troisième long métrage, le road-movie Voyage en famille (2004), avant de partir en Patagonie tourner Nacido y criado.

En 2008, il se rend une nouvelle fois à Cannes pour présenter en compétition officielle Leonera, où il dépeint la vie d’une jeune femme contrainte d’élever son fils en prison.

En 2011, il tourne Carancho, qui met en scène un « carancho », avocat spécialisé dans les accidents de la circulation à Buenos Aires qui gagne sa vie grâce aux assurances et à la corruption.

L’année suivante, il participe au film collectif 7 jours à la Havane en compagnie d’autres cinéastes comme Elia SuleimanGaspar Noé ou Laurent Cantet. Trapero tourne le segment intitulé « Jam Session ».

En 2013, il s’attaque aux problèmes des bidonvilles en Argentine à travers la vision de deux prêtres engagés envers les populations (incarnés par Ricardo Darin et Jérémie Renier) dans Elefante Blanco.

Pablo Trapero a été Président du Jury Un Certain Regard du Festival de Cannes 2014.

Pour El Clan, il adapte à l’écran un fait divers très célèbre en Argentine.

Il avait 13 ans, en août 1985, au moment de l’arrestation d’Arquimedes Puccio, dans une station-service de Buenos Aires.

Il garde un souvenir très net des gros titres des journaux sur cette affaire de famille bourgeoise qui séquestrait des gens qu’elle connaissait avant de les tuer.

Dès 2007, après le tournage de Léonera, il décide de faire un film de ce souvenir.

Cependant, les producteurs sont très réticents. Il lui faut donc attendre la rencontre avec les frères Almodovar en 2014, pour pouvoir boucler la production et envisager la réalisation du film qui va devenir le plus gros succès de l’histoire du cinéma argentin avec plus de 2,6 millions d’entrées dans un pays qui compte 43 millions d’habitants.

Ce succès a pris des proportions inattendues, puisque des gens viennent prendre des selfies devant la maison où étaient détenues les victimes des enlèvements !

Pour bien comprendre l’enjeu du film il faut en resituer le contexte historique.

L’action se déroule au moment du basculement de la dictature militaire (1976-1983) et du retour à la démocratie.

A la tête de la famille Puccio, issue d’un milieu modeste, le patriarche du nom d’Arquimedes semble être un vieil homme affable, travaillant pour l’Etat.

Ce que le film énonce moins clairement, c’est qu’il fut plus exactement membre du SIDE (agence de renseignement d’Argentine) qui durant la dictature organisa des enlèvements et actes pour le moins obscurs. La démocratie entraîne  la mise à l’écart de cet homme par un gouvernement qui tente de cacher ses anciennes affaires.
A première vue totalement insoupçonnable, cet homme entraîne sa famille dans une spirale de violence, par une série d’enlèvements et de séquestrations de personnes fortunées en l’échange de rançons.

Ce chef de famille est incarné par l’acteur Guillermo Francella, véritable célébrité en Argentine et connu pour son jeu comique, qui interprète par conséquent à contre-emploi ce personnage méthodique, inexpressif et commettant des actes épouvantables de sang-froid, sans que l’on puisse réellement comprendre sa motivation.

Le fil rouge d’El Clan s’axe sur la relation entre Arquimedes et l’un de ses fils, Alejandro, rugbyman pour l’équipe nationale d’Argentine,  manipulé par son père.

La bande-son du film et notamment la chanson « All i’v got is a sunny afternoon » interprétée par le groupe The Kinks, contribue à l’atmosphère en quelque sorte schizophrène du film, avec la juxtaposition de scènes de violence et de scènes de famille, un peu dans la manière des « Affranchis » de Scorcese.

Cependant, en dehors de la mise en scène, le cinéaste réalise un réel travail de fond et d’enquête pour coller au plus près des événements même si encore aujourd’hui on ne connait pas toute la vérité autour de cette affaire.

Le film contient d’ailleurs des images d’archives télévisées.

Pablo Trapero a reçu le Lion d’argent du meilleur réalisateur pour El Clan.

Les innocentes – d’Anne Fontaine

Les innocentes d’Anne Fontaine

Le film de ce soir est le 14ème long métrage d’Anne Fontaine, cinéaste éclectique : après le drame intime dans « Nettoyage à sec », la tragédie familiale avec « Comment j’ai tué mon père », le biopic « Coco avant Chanel » ou la comédie « Gemma Bovery », elle nous propose son premier drame historique, inspiré d’un fait réel.

Elle a découvert cette portion d’histoire oubliée en lisant le journal tenu en Pologne en 1945 par une jeune française, médecin : Madeleine Pauliac. Madeleine était la tante d’un ami d’Anne Fontaine : Philippe Maynial et c’est ainsi que la réalisatrice a eu entre les mains son journal intime.

Après la capitulation du Reich, Madeleine Pauliac résistante, médecin de la croix rouge avait été envoyée en Pologne, dans un hôpital de fortune, pous soigner les rescapés français avant leur rapatriement. L’occupation soviétique était alors partout. Chaque jour Madeleine écrivait une ou deux pages dans son journal.

Anne Fontaine retrouve dans l’histoire cette femme des thèmes qui lui sont chers : la transgression, le déchirement, la fragilité et en même temps la force des femmes. Elle demande à deux scénaristes : Sabrina Karine et Alice Vial de travailler sur ce sujet ; elles vont bâtir un scénario en se glissant à l’intérieur du récit de Madeleine. Les dialogues fins, sensibles ont été imaginés par Anne Fontaine et Pascal Bonitzer.

Lorsque la réalisatrice se rend en Pologne pour 8 semaines de tournage, elle constate que personne n’a entendu parler du drame, pourtant bien réel, qui s’est déroulé dans un couvent polonais. En plus elle se heurte à l’hostilité du clergé polonais, personne ne veut abriter un tournage. C’est dans un monastère désaffecté, à moitié en ruines, à 200 km de Gdansk qu’elle décide avec son équipe de reconstruire une petite chapelle, un réfectoire, une infirmerie et les cellules pour les nonnes.

Anne Fontaine catholique mais non pratiquante, se dit peu familière des questions religieuses. C’est pourquoi elle décide d’effectuer deux retraites chez les sœurs Bénédictines, vouées à Dieu et à l’isolement ; toutes ont fait vœu de chasteté. Lors de ses retraites, elle est impressionnée par cette façon d’être ensemble, de prier, de chanter 7 fois par jour. Elle découvre une communauté qui est loin d’être figée, malgré une discipline rigoureuse, et elle s’attache aux rapports humains qui s’établissent dans cette communauté. Elle qui pensait que la foi cimentait tous ceux qui en sont animés, en vivant avec les Bénédictines elle découvre la fragilité de la foi.

Son film va nous donner à voir cette vie en communauté, le respect de la hiérarchie ; Xavier Beauvais nous les avait déjà montrés dans « Des Hommes et des Dieux » . Il se trouve qu’Anne Fontaine et Xavier Beauvais ont la même directrice de photographie : Caroline Champetier : elle sait nous faire ressentir le silence, l’austérité, la détresse sur les visages voilés, la souffrance de ces femmes si différentes.

Une part importante de la musique est constituée de chants grégoriens et latins ; la cinéaste a demandé au père Bénédictin Frère Longeat de l’aider à les choisir. Il est président de la conférence des religieux et religieuses de France et a obtenu par ailleurs un prix de conservatoire de hautbois. Après avoir vu le film, il a félicité Anne Fontaine d’avoir traité le sujet « avec pudeur et audace ». Lors d’une projection en janvier au Vatican devant une centaine de religieuses, la cinéaste a confié qu’on l’avait remercié d’avoir fait « un film thérapeutique » pour l’Église.

Cette histoire que je m’efforce de ne pas vous dévoiler, est filmée en quasi huit clos et repose en grande partie sur le talent des interprètes : Lou de Laâge, devenue médecin sous le nom de Madeleine Pauliac ; elle est accompagnée par Vincent Macaigne et par des actrices polonaises notamment Agata Kuletza et Agata Buzek qui elle, parle français ; elle a d’ailleurs beaucoup travaillé la langue pendant le tournage. La justesse de leurs interprétations contribue à construire un lien touchant entre les deux mondes exposés dans le film.

Les « Innoncentes » est un hommage aux femmes victimes, oubliées de toutes les guerres et malheureusement il a des résonances actuelles : songeons au sort des femmes réfugiées du Soudan, de Syrie, aux exactions de Daesh, Boko Haram… et la liste est longue.

Pour terminer sur une note moins désespérante, rappelons que le film a été très applaudi au festival de Sundance. Depuis 2003, c’était le premier film européen à figurer en avant première mondiale, le dernier était « Goodbye Lénine », souhaitons lui un succès de la même ampleur.