Archives mensuelles : novembre 2015

The Program – film franco-britannique de Stephen Frears

Stephen Frears est un réalisateur anglais de 74 ans, rendu célèbre dès 1985 par son long métrage initialement conçu pour la télévision britannique, « My beautiful Laundrette » avec Daniel Day Lewis.

En 1988, sa notoriété atteint un sommet avec l’adaptation du roman de Choderlos de Laclos, « Les Liaisons dangereuses, » avec Glenn Close, John Malkovich et Michelle Pfeiffer : le film est un triomphe, couronné par 3 oscars.

La carrière de Stephen Frears se poursuit depuis, tant aux Etats Unis qu’en Europe, dans des films aussi variés que les « Arnaqueurs » (John Cusack, Arlette Bening et Anjelica Huston), « The Queen », avec Helen Mirren dans le rôle d’Elisabeth II, ou « Tamara Drewe », avec Gemma Arterton, adaptation d’un roman graphique de Posy Simmonds.

Encore plus récemment, nous avons présenté ici « Philomena », avec Judi Dench, qui a été considéré par les spectateurs du Ciné Festival comme l’un des trois meilleurs films de l’année 2013/2014.

Par la diversité des genres qu’il aborde, la qualité de ses réalisations, et ses distributions prestigieuses, Stephen Frears est considéré comme l’un des plus grands cinéastes internationaux. Il a notamment présidé le Jury du 60ème Festival de Cannes (2007).

Néanmoins son ton actuel est moins subversif ou novateur qu’à ses débuts, moins socialement engagé également.

Pour son film « The Program » il s’est inspiré du livre d’un journaliste sportif du Sunday Times, David Walsh, qui a révélé en 2001 que Lance Armstrong travaillait depuis plusieurs années avec le médecin italien controversé Michele Ferrari. Son travail, parmi d’autres, a contribué au déclenchement de l’enquête de l’agence américaine antidopage en 2012.

On sait que cette enquête a entraîné finalement le 22 octobre 2012 la perte des 7 titres de vainqueur du Tour de France de Lance Armstrong, ainsi qu’une interdiction à vie de toute compétition cycliste.

Néanmoins, il n’est pas nécessaire d’être un fan de cyclisme ou de sport pour s’intéresser à ce film qui raconte 20 années de l’existence d’un homme hors du commun, depuis sa guérison d’un cancer des testicules jusqu’à sa déchéance, en passant par la gloire planétaire.

Comme dans Philoména, d’une certaine façon, l’histoire est envisagée sous l’angle de la relation entre le personnage principal et un journaliste.

Lance Armstrong et le journaliste David Walsh se sont fréquentés depuis 1993 et se connaissaient très bien.

Lance Armstrong est interprété par l’acteur américain de 35 ans Ben Foster.

Pour incarner son modèle, Ben Foster a effectué de nombreuses recherches sur Lance Armstrong, et aussi sur le cyclisme. Il a suivi un entraînement intensif pour sculpter son corps, et pour pouvoir tourner les scènes de cyclisme en adoptant sur le vélo la position particulière de Lance Armstrong : sa façon d’attaquer la pédale, la cambrure de son dos etc…

Il a également suivi l’équipe Garmin-Sharp sur le Tour du Colorado. Enfin, il confie s’être réellement dopé afin de mieux comprendre la vision de Lance Armstrong.

Le journaliste David Walsh, quant à lui, est incarné par un acteur irlandais de 36 ans, Chris O’Dowd, et le sulfureux médecin italien Michele Ferrari est interprété par notre Guillaume Canet national, rendu méconnaissable dans le film par une nouvelle couleur de cheveux et un faux nez.

Je vous signale également la présence au casting – de l’acteur français Denis Menochet, 39 ans, vu en Perrier Lapadite dans la scène d’ouverture d’Inglourious Bastards de Quentin Tarantino, où il fait face au chasseur de juifs interprété par Christoph Waltz, et aussi dans la série de Canal + les Revenants, – et de Dustin Hoffman.

Le film mélange des images actuelles à des images d’archives, ce qui a donné lieu à un important travail de la part de Valerio Bonelli, chef monteur, pour assurer les raccords.

Le tournage a réellement eu lieu dans plusieurs villes du Tour, dans les Alpes et dans les Ardennes notamment. Le col du Galibier, la Grave et l’Alpe d’Huez ont servi de décor pour les scènes en montagne.

L’équipe du film a eu recours à plusieurs coureurs professionnels anglais et américains, et à une vingtaine d’amateurs en France.

Pour le tournage, il a fallu retrouver les vélos utilisés entre 1994 et 2012, ce qui n’était pas si facile, car les vélos sont parfois des pièces uniques et certains se trouvent dans des musées. Le plus compliqué a surtout été de trouver le « Eddy Merckx » de Lance Armstrong. Le directeur artistique et son équipe se sont livrés à un travail minutieux pour que chaque vélo ressemble le plus possible à ce qu’il était à l’époque.

Pour réaliser le film Stephen Frears et ses équipes se sont eux-mêmes livrés à une course contre la montre : en effet, avant de décider d’adapter à l’écran le livre de David Walsh « les 7 péchés capitaux », Stephen Frears avait lu celui de Tyler Hamilton, « la course secrète » sur le même sujet. Son intrigue lui avait semblé parfaite pour faire un film, mais l’auteur était déjà en négociation avec Warner Bros, ce qui a amené le réalisateur à entamer une collaboration avec David Walsh.

Mais une fois cette décision prise, la production voulait absolument éviter d’arriver après d’autres projets. C’est pourquoi le travail de préparation, le financement et le tournage ont dû être réalisés au plus vite, en l’occurrence en un an.

Il est amusant de penser que pour son prochain film, « Florence », qui sortira en France en 2016, Stephen Frears a été devancé par le français Xavier Giannoli pour porter à l’écran la vie de la célèbre Florence Foster Jenkins, notre « Marguerite ».

Je vous souhaite une bonne projection.