Archives mensuelles : août 2015

Victoria – film allemand de Sebastian Schipper

Ce film traite traite d’une sortie de boite de nuit à Berlin qui dérape pour la jeune Victoria, elle rencontre un groupe de jeunes qui l’emmène finir la soirée avec eux…

C’est le 4ème long métrage du réalisateur allemand sebastian Schipper.

Né en 1968 à Hanovre, il fait des études d’acteurs à Munich jusqu’en 1995. Il joue dans des rôles mineurs, notamment dans le patient anglais en 1996 aux côtés de Ralph Fiennes et Juliette Binoche. Il passe alternativement devant et derrière la caméra.

En1999, il réalise son premier long métrage et reçoit le Prix du film allemand en argent. Dans son deuxième film, il fait jouer un acteur allemand que l’on connait bien ici : Daniel Brühl, entre autre connu pour son rôle dans Good Bye Lenin !

Victoria a reçut un bon accueil spectateur et critique et a été récompensé six fois à la 65ème cérémonie du Prix du film allemand, dont celui de meilleure réalisation et également avec le Grand Prix du jury au festival du film policier de Beaune et un ours d’argent à Berlin.

C’est un film est tourné caméra à l’épaule et en temps réel, en un plan unique (un plan-séquence à l’échelle du film). La technologie numérique permet maintenant de faire de longs plans-séquences (une caméra numérique peut tourner jusqu’à deux heures, alors qu’une bobine de pellicule durait maximum 12 minutes). Auparavant, les réalisateurs utilisaient des fonds neutres pour faire les raccords (notamment dans La Corde d’Alfred Hitchcock).

Un plan séquence peut avoir comme principaux objectifs :

– Pénétrer dans un univers : Un plan-séquence peut ouvrir un film, dans ce cas, le plan sert alors d’introduction (planter le décor).

– Suivre l’action ou découvrir un lieu comme le héros : Le plan-séquence va servir la narration cinématographique, le spectateur suit le point-de-vue du héros.

– Montrer l’action en temps réel

Présenté il y a quelques mois, Birdman utilisait aussi cette technique du plan-séquence.

À sa sortie, Victoria est le plus long plan-séquence jamais réalisé.

Dans le cas de Victoria, le tournage a été extrêmement rapide. Je cite le réalisateur : « Le 27 avril nous avons démarré le tournage à 4h30 du matin […]. Après avoir couru, marché, déambulé et grimpé dans 22 lieux différents, accompagné de 150 figurants gérés par 6 assistants réalisateurs ainsi que 7 acteurs suivis par 3 équipes son, le film était enfin en boîte. Il était 6h54 du matin. »

Ce tournage particulier a entraîné certaines mésaventures comme l’intervention de deux touristes russes très alcoolisés croyant véritablement à la crise de panique de l’un des comédiens.

Enfin, Il a fallut trois tentatives de tournage : la première version était trop sage et ennuyeuse ; la seconde trop folle ; la troisième a su trouver le ton juste.

Je vous souhaite une bonne soirée avec un film qui, selon son réalisateur, « n’est pas un film, ce n’est pas non plus une histoire à propos d’un braquage de banque. C’est un braquage de banque ! »

Une seconde mère – film brésilien d’Anna Muylaert – 13 août 2015

Avec Regina Casé, Michel Joel­sas, Camila Mardila. 1h52.

Anna Muylaert est née en 1964 au Brésil. Une seconde mère, film primé aux Festivals de Sundance et de Berlin, est son cinquième long métrage, mais le premier distribué en France, par Memento distri­bu­tions (qui a notam­ment distri­bué Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan, Palme d’Or 2014 et plus récemment le Taxi Téhé­ran de Jafar Panahi).

Elle a suivi un parcours classique : après avoir étudié le cinéma à l’université de São Paolo, elle devient critique de cinéma avant de travailler pour la télévision, où elle participe notamment à la création d’émissions et de séries pour enfants.

Elle passe à la réalisation à partir des années 1990, de courts, puis de longs métrages.

Voir son premier court métrage : a origem dos bebês segundo Kiki Cavalcanti.

Il y a plus de 20 ans, alors qu’elle attendait un bébé, elle fut frappée par le fait que, dans une certaine bourgeoisie brésilienne, il était considéré comme naturel de confier l’éducation des jeunes à des nounous, qui venaient s’installer à la maison, et devaient de ce fait renoncer à leur vie de famille et déléguer à leur tour à d’autres l’éducation de leurs propres enfants.

L’impression qu’en avait retiré Anna Muylaert était que l’ensemble des enfants sortaient perdants de ce système, ceux des patrons comme ceux des nounous.

C’est de cette réflexion qu’est né le film et c’est donc d’abord du point de vue des enfants que la cinéaste  a voulu se placer, ce qu’exprime le titre original du film : « Que horas ela volta ? » ce qui signifie « à quelle heure revient-elle ? ».

Mais à travers cette histoire, le film traite aussi des relations sociales au Brésil et de leur évolution actuelle.

La trajectoire des personnages de Val, la domestique, et de sa fille Jessica, séparées pendant 10 ans, raconte cette réalité.

Le personnage de Val est interprété par Régina Casé.

Régina Casé – née en 1954 à Rio –  est très célèbre au Brésil où elle est un équi­valent d’Oprah Winfrey aux US.

Elle anime depuis 1992 une émission populaire sur la chaîne  O Globo : « Brasil legal » pour laquelle elle va à la rencontre d’inconnus dans le pays tout entier, et tourne des reportages dans des endroits méconnus du pays.

Avant de devenir cette femme très puis­sante suivie chaque jour par 200 millions de spectateurs,  elle a pris dans les années 70 des cours d’art dramatique et été comédienne. Elle continue d’ailleurs à jouer dans des séries télévisées et des films quand son travail à la télé lui en laisse le temps.

Pour incarner le personnage de Val, la nounou originaire du Nordeste, elle s’est inspirée des rencontres qu’elle avait pu faire lors du tournage de son émission dans cet Etat très pauvre du Brésil. Cela lui a notamment permis de prendre l’ac­cent du Nordeste, et d’utiliser un argot que seul le public brési­lien pourra perce­voir mais que la VO nous permettra peut-être de deviner.

Elle s’est aussi inspirée de la gouvernante qui l’a élevée pendant son enfance à Rio.

Elle fait elle aussi le constat que la norme dans les milieux aisés, c’est encore cette présence à domi­cile d’une femme qui gère tout, sait tout, et parfois plus que la maîtresse de maison.

Ces domes­tiques deviennent des membres à part entière des familles et des liens extrê­me­ment forts se créent avec les enfants.

La rela­tion décrite dans le film entre les différents protagonistes est une rela­tion complexe, dure, puisqu’on parle d’un travail, et parfois de servi­tude, d’op­pres­sion, et en même temps ce lien est chargé d’amour.

 

Selon Anna Muylaert, au Brésil, cette situation est directement liée à l’histoire coloniale et au développement économique inégalitaire qui en est résulté. Elle l’associe d’ailleurs à la couleur de la peau dans une interview dans laquelle elle déclare que ce qui lui convenait particulièrement chez Régina Casè, c’est qu’elle est à la fois blanche, noire et indienne, alors que Camila Mardilia, qui interprète Jessica, la fille de Val, lui avait semblé d’abord  « trop blanche » pour le rôle.

Cependant, cette thématique est universelle, et le nombre de films qui traite de cette question des relations maître/domestique à travers le monde est considérable, que l’on pense par exemple aux Vestiges du Jour de James Ivory, ou plus récemment Ilo Ilo, par exemple, le film d’Anthony Chen projeté l’année dernière dans cette salle, on voit une jeune Philippine venir s’occuper d’un garçon dans une famille singapourienne.

Le rôle de Jessica a été entièrement réécrit par la cinéaste il y a 5 ans  afin de tenir compte de l’évolution de la société brésilienne.

Le personnage de fille douce et soumise aux traditions auquel elle avait pensé initialement a été transformé en celui d’une fille décomplexée qui prend l’avion pour rejoindre sa mère, fait des études et présente un examen pour rentrer à l’uni­ver­sité.

D’après Régina Casè, celà aurait été consi­déré il y a encore 5 ans comme de la pure science-fiction, mais les choses sont en train de changer. Une loi récente par exemple oblige les employeurs à payer les nounous en heures supplémentaires lorsqu’elles résident à leur domicile.

Anna Muylaert attend avec impatience la sortie de son film au Brésil, à la fin de ce mois, avec l’espoir qu’il rencontrera là-bas son public, et aussi qu’il y provoquera la controverse.

Bonne projection !

Mustang – film franco-turc de Deniz Gamze Ergüven – 6 août 2015

Deniz Gamze ERGUVEN est une longue jeune femme brune, belle et solaire. Fille d’un diplomate,  elle naît à Ankara et elle a  6 mois quand la famille s’installe à Paris. Elle  se déplacera souvent suivant les postes occupés par le père, essentiellement aux USA, en France et en Turquie. Etudiante en Lettres elle a une histoire d’amour qui se termine par la mort tragique de son ami. Pour tourner la page, elle part en Afrique du  sud et obtient à Joannesbourg  une maitrise d’histoire africaine.

Elle rentre à Paris,  et se sent « une arborescence de curiosités » mais sans pouvoir choisir. Et lors d’une sieste à moitié éveillée,  elle s’aperçoit que tout ce qu’elle imagine prend la forme d’un film. Alors elle  décide de préparer le concours d’entrée à la FEMIS. Cette école  accepte difficilement les étrangers mais Deniz est reçue  et passera à la FEMIS quatre   années de  bonheur. Son œuvre de sortie, « Une goutte d’eau », sur la femme turque, est   sélectionnée pour la section courts métrages de Cannes où elle est  très remarquée. Et c’est à l’Atelier de cinéfondation du Festival créé par Gilles Jacob pour détecter et aider les jeunes talents,  qu’elle fait la connaissance d’Alice Winocour. Elle aussi est sortie de la FEMIS et vous la connaissez  pour avoir vu  son premier  film « Augustine », la jeune femme soignée pour hystérie par le professeur Charcot et qui réussit à s’en affranchir.

Pour son premier long métrage, Deniz décide de réaliser un film sur la situation de la femme en Turquie, inspiré de sa propre expérience et de ce que lui racontent ses amies restées au pays.   Elle aime la Turquie, en pleine effervescence, forte et dynamique, mais qui connait  parallèlement  une intensification de la tendance conservatrice, avec  une  sexualisation dès l’enfance  du corps des femmes.  Certes, le droit de vote a été accordé aux femmes turques en 1930, mais pas celui de  disposer de leur corps.  L’histoire de la baignade  que vous allez voir,  elle l’a vécue, elle ne s’est pas rebellée et a supporté une honte cuisante. Vous verrez comment elle s’en venge dans le film. Et le contrôle de la virginité des mariées existe encore. Les femmes sont de plus en plus souvent voilées, et il arrive qu’elles soient tuée pour avoir déshonoré leur famille. Et  Le jour de la projection de Mustang à Cannes, une jeune fille était victime  d’un attentat à Istamboul parce qu’elle participait à un show télévisé et il s’est révélé que l’attentat était programmé par les siens.

Attention, Deniz dit qu’elle n’est pas une militante, elle souhaite seulement que son film attire  le regard des hommes sur la situation des femmes, d’une manière plus sensible et peut être plus puissante et efficace  qu’un discours politique.

Pendant cinq ans, elle prépare  son film et c’est la galère, elle ne trouve pas de financement. Elle est sur le point de jeter l’éponge et, dit elle, d’aller vendre des glaces en Australie. Mais son amie Alice Winocour  qui lui sert un peu de coach, estime que le temps des glaces n’est pas encore venu.  Elles réécrivent ensemble le scénario, trouvent une productrice. Mais celle ci les laisse tomber alors qu’elles viennent de boucler le casting. Et c’est Charles Gilibert, le producteur d’Olivier Essayas, qui reprend le projet et sauve le film. Et ce film  présenté à Cannes dans la sélection Un certain Regard,  a reçu une standing ovation de 10 minutes.

Si vous voulez agacer Deniz Gamze Ergüven , demandez  lui,  comme tous les critiques l’ont fait, si  « Mustang »  n’est pas un « virgin Suicides »  filmé par une Sofia Coppola turque. Dans un français parfait, avec cet accent indéfinissable des personnes qui parlent couramment plusieurs  langues, elle vous répondra que l’image des cinq filles alanguies,  étendues jambes et chevelures mêlés, peut certes évoquer  Virgin Suicides, mais que la ressemblance s’arrête là. Ses héroïnes dont les chevelures flottent comme la crinière des mustangs,  ne sont pas des beautés romantiques et morbides dans une Amérique en pleine prospérité, mais des donzelles fougueuses et terriennes, pleines de bravoure et d’allant, fortes et prêtes à se battre pour se libérer du carcan qui pèse sur la femme turque. Ses sources d’inspiration ont été  des films sur les thèmes de l’évasion et de la prise de conscience qu’elle  tenu à faire découvrir à ses actrices: «  un condamné à mort s’est échappé », de Robert Bresson, « l’évadé d’Alcatraz » de Don Siegel, « Sailor et Lula » de David Lynch, «  Fish Tank » d’Andréa Arnold, «  l’enfant » des frères Dardenne.

Le casting a été délicat. Deniz a reçu des centaines d’adolescentes.Elle ne recherchait pas la ressemblance, mais il fallait que les cinq filles constituent une fratrie, en quelque sort organique, et soient capables de se répondre,  se compléter,  se comprendre. Et en fait, elles complotaient entre elles, bougeaient comme l’hydre de Lerne, un corps à cinq têtes, et  à tour de rôle chacune entraînait le groupe.

Le film a été tourné par une Deniz enceinte, au bord de la mer noire,  à 600 km au nord d’Istamboul, dans des paysages féériques. La musique est du violoniste australien  Warren Ellis. «  Avant de le rencontrer », dit Deniz, «  j’avais posé ses musiques sur mes images, et la cohérence esthétique était évidente ».

Deniz Gamze Ergüven ; de culture américano-franco-turque,  a posé par deux fois des dossiers pour être naturalisée française, et a essuyé deux refus. Très blessée, elle ironise : «  Mon chien est français,  mon mari et mon bébé aussi ».

 

Comme un avion – Bruno Podalydes – soirée 7ème art du 30 juillet 2015

Bruno Podalydès est né en 1961 à Versailles, premier fils d’un  pharmacien d’origine grecque  né en Algérie. Il est bientôt suivi par Denis, Eric et Laurent et les quatre frères grandissent dans une atmosphère de spectacle. En effet leur père équipé d’une caméra super 8, filme tous les évènements familiaux. Il n’hésite pas à recommencer les prises s’il n’est pas satisfait de ses interprètes, par exemple,  il exige qu’ils ouvrent à nouveau leurs cadeaux de noël « avec plus d’enthousiasme cette fois ! » Et il  crée un théâtre de marionnettes qu’animent les enfants et filme le spectacle .Puis c’est le moment magique de la projection, quand le père fait le noir pour que surgissent  les images, pour Bruno c’est la conception même du bonheur…

Tandis que Denis entre au Conservatoire , Bruno poursuit des études de biologie, puis fait son service militaire au Cinéma des Armées. Il est ensuite engagé par Air-France pour tourner des films d’entreprise. « Une caméra et des avions, j’étais aux anges » dira Bruno.

Dans les années 90, Bruno accompagne Denis au Festival du jeune cinéma indépendant de Belfort où il rencontre de  réalisateurs comme Noémie Lvovsky, qui demeurera son amie et jouera dans tous ses films. «  Ce n’était  pas des extraterrestres,mais  des gens comme moi, de mon âge.  Je n’ai pas dormi de la nuit et le lendemain je commençais mon premier moyen métrage, Versailles Rive Gauche , tourné en 9 jours dans mon minuscule appartement ». Et c’est tout de suite un très grand succès, public et critique.

Devenu chroniqueur aux Cahiers du Cinéma, il tourne son premier long métrage « Dieu seul me voit (Versailles Chantiers) », puis « liberté Oléron » en 2001. Suivent deux adaptations de romans policiers de Gaston Leroux, « Le mystère de la Chambre Jaune » et «  le parfum de la Dame en noir, deux lectures chéries de son enfance.

En 2009 il termine sa trilogie sur Versailles avec « Bancs Publics (Versailles Rive Droite) », et en 2011 « Adieu Berthe, l’enterrement de Mémée » est très bien accueilli par le public.

Le film de ce soir est bien dans la lignée des films de Bruno Podalydès, spécialiste des portraits lunaires d’hommes en quête de renouveau. Mais cette fois, alors que jusqu’à présent il ne jouait que de petits rôles dans ses films,  c’est lui qui tient la vedette ! « J’adore pagayer, dit il, bien que j’aie failli me noyer en voulant épater une fille en kayak, mais j’aurais été trop frustré de confier le rôle à quelqu’un d’autre, même à mon frère ! et l’idée m’est venue de l’image d’un kayak en lévitation au-dessus de l’eau, un peu un tapis volant, une gunguette 1930, un couple qui danse, un petit roupillon après un repas bien arrosé, le bonheur à portée de la main… »

On a souvent comparé Podalydès à Truffaut, à Resnais, la même poésie des images, le même travail en confiance avec une équipe d’acteurs fidèles. D’ailleurs une réelle amitié  a uni Resnais et Podalydès, malgré la diférence d’âge, et c’est  à Bruno qu’Alain avait confié la mise en scène de l’Eurydice d’Anouilh que jouent les acteurs dans « Vous n’avez encore rien vu ».

Dans « comme un avion », Sandrine Kiberlain et Agnès Jaoui sont venues rejoindre les habitués, Denis le frère bien sûr, Michel Vuillermoz, Pierre Arditi, Vinela Pons. Le texte est minutieusement écrit mais cependant Bruno a laissé  une grande liberté aux nouvelles venues Sandrine et Agnès. Il s’était renseigné auparavant : «  je savais qu’elles n’étaient pas capricieuses et qu’elles ne m’apporteraient pas de pression ».

La photo est particulièrement soignée, Claire Mathon, la chef opératrice livre des images lumineuses, champêtres, voire féériques, rappelant le tableau de Matisse le déjeuner sur l’herbe, le film de Jean Renoir «  la Partie de Campagne » ou des passages de Maupassant.

Les thèmes musicaux sont du Bach et des chansons populaires, comme  celles de Moustaki et Charlelie Couture.

Le tournage s’est effectué  dans l’ordre chronologique, et il  a fallu tenir  compte de la disponibilité des acteurs. C’est  ainsi que Sandrine Kiberlain a dû abandonner l’équipe en cours de route pour un autre tournage.  « J’ai dû laisser Bruno faire seul son voyage quand il part à la Guinguette, dit elle. C’est  un film de la maturité, mais sans quitter l’enfance qui est en lui. Bruno fait le tour des questions essentielles, tout en continuant à assumer ce qu’il est, avec recul, pudeur, et légèreté ».